Cet article doit tout au professeur et grand historien Jean de Viguerie, spécialiste de l'éducation, de la philosophie dite des "Lumières" et de la révolution française. Il avait adressé une Tribune Libre à "L'Homme Nouveau" en date du 1er juillet 2013 et publiée dans le N° 1548 en date du 31 août de ce bimensuel. Et j'ai eu envie de partager cet article avec vous qui n'êtes peut-être pas abonné(e)s à "L'Homme Nouveau" (voir le "lien" en page d'accueil)[1] Paru aux éditions "Points", vol. P1372, septembre 2005, 762 p.
Bonjour,
Je suis professeur de lettres classiques et nouvelle venue dans le cycle du lycée, j'ai accepté au soulagement évidemment de mes collègues, de me charger des classes de terminales L, celles qui ont donc des non pas des oeuvres "obligatoires", nuance, mais des oeuvres "au programme".L'an dernier nous avons eu le magnifique mais trouble "Lorenzaccio", reporté cette année, auquel s'ajoutait "Zazie dans le métro", une plaisanterie ouliposienne que j'ai dû traduire pour mes élèves de 2012, peu au fait de l'argot des années 50, et pour lesquels les jeu avec l'orthographe et la syntaxe perdent beuacoup de valeur puisqu'ils ne voient pas où est le jeu. Maizenfin comme dirait Queneau...
Mais là, je ne vois pas comment je vais traiter ces "mains libres" si emprisonnantes et empoisaonnantes! Plus que tout ce qui leur est reproché quant à la morale, ce qui me choque, c'est leur pauvreté! Pauvreté du dessin Et du texte. J'avoue, moi, j'aime, j'aimais, tout ce que je connaissais de Paul Eluard, c'est une belle déception. Pour le dessin et vu mon retrait quasi physique devant ces encres, je me suis adressée à un jeune peintre (moins de 35 ans), qui a souri: "Oui, bon, il s'est amusé". Je reste persuadée, malgré la lecture difficile,assidue et crispante de tout une série de dossiers sur ce recueil écrits par de hauts et puissants professeurs que nos 2 lascars se sont bien amusés à pondre en vitesse un truc, qui pouvaient leur faire gagner quelque argent de la part des snobs de leur temps.
C'est décidé, je prends ma retraite dés l'an prochain. Ras le bol des inventions de ceux qui "s'autorisent à penser" pour nous.
Sage décision que la vôtre qui vous évitera d'être contrainte à enseigner des "Insanités" là où vous pensiez former le goût et la sensibilité de vos élèves à ces "Humanités" sans lesquelles il n'y a pas de civilisation et donc pas d'être humain authentique. La nuit de la barbarie est en train de tomber sur nos jeunes esprits. Les programmes modernes n'ont d'autre but que de couper les jeunes générations des sources de notre culture et de tuer dans l'oeuf l'éclosion d'un sain esprit critique qui seul leur permettrait vraiment de faire des choix de vie et de prendre leur existence de citoyens en main. Ainsi "formés" on les prépare à se comporter comme des robots, techniquement aptes (d'où l'écrasante tyrannie des maths dans la sélection des "élites") à faire tourner la machine productrice/consumériste sans se poser de questions.
Rien de bien différent, sur le fond des choses, avec les esclaves qui construisaient les pyramides il y a quelques milliers d'années. Un peu plus de confort matériel, la bagnole et la télé en plus.....le rêve quoi !
Je vous souhaite plein de bonheur dans la nouvelle vie qui va s'ouvrir pour vous.
Bien cordialement à vous.
Non mais vous êtes un coincé, sans vouloir vous vexer... C'est vous qui êtes plein d'insanités pour voir le mal comme ça ! il faut un peu s'adapter à son temps et s'ouvrir 🙂
Faut voir plus loin que ses préjugés et ôter ses oeillères!
bien à vous
Mais vous ne me vexez pas du tout, vous m'attristez. Pour vous.
Si vous connaissiez ma vie vous pourriez sans doute me reprocher beaucoup de choses (je suis pécheur comme nous tous) mais certainement pas d'être "coincé".
Il est difficile d'éviter d'évoquer les "insanités" de notre époque puisque désormais on les érige en modèles sociaux et que, dans un certain nombre de cas, on nous les impose légalement.
Et, puisque vous avez la gentillesse de me donner des conseils d'"ouverture" et sans doute de "tolérance" (vous l'avez oubliée celle là) les deux mots clés qui, depuis 1968, autorisent toutes les transgressions, toutes les compromissions morales et spirituelles, permettez moi à mon tour de vous en donner deux (pour le prix d'un seul):
- libérez vous même votre esprit des fantasmes qui obstruent votre bonne perception de l'état de "barbarie" (le mot n'est pas de moi) dans lequel on voudrait nous faire vivre, car ces fantasmes pourraient bien être interprétés comme de la connivence ou de la complicité.
- arrachez vos propres oeillères (vous connaissez sans doute la parabole de "la paille et de la poutre") celles de la bonne conscience libertaire, qui vous empêchent de voir dans quoi vous marchez....quoique l'odeur devrait vous avoir alertée depuis longtemps. Mais, peut-être, souffrez-vous d'anosmie ?
Bien à vous
LSM
Cher Louis Saint Martin,
Qu'est ce qui vous fait peur ? En quoi le fait que les jeunes soient informés de la sexualité vous inquiète ? Je ne comprends pas trop votre point de vue. Pourquoi pouvoir choisir sa sexualité est-il "barbare"?
En quoi étudier Paul Éluard et Néron est-il dangereux ?
Et pourquoi faire des jeux de mots si malsains alors que vous voulez protéger les jeunes ? J'ai été plus choquée de vos propos que les dessins de Man Ray ( qui selon moi n'ont rien de choquant)
Mal à vous ( lol )
Rien ne me fait peur, surtout pas les raisonnements à la graisse de chevaux de bois ou les pseudos "débats" qui n'ont d'autre intention secrète que de justifier l'injustifiable en lieu et place de la recherche de la vérité.
Je vous réponds donc pour la dernière fois car étant données vos positions, votre ton et vos références, il est évident que nous ne pourrons jamais nous comprendre.
L'éducation morale, spirituelle, religieuse et sexuelle des enfants appartient à leurs parents. Et à personne d'autre (c'est d'ailleurs dans la déclaration universelle des "droits de l'homme" si je ne me trompe pas).
Ils délèguent leur autorité à l'école pour instruire leurs enfants, à charge pour celle-ci de rester (du moins ce devrait être le cas) dans la plus stricte neutralité idéologique.
Ce qui n'est pas le cas à notre époque, c'est le moins qu'on puisse dire où un récent ministre se vantait de vouloir "arracher nos enfants à tous leurs déterminismes".
L'Etat n'a pas à se substituer au rôle des parents et s'il le fait c'est uniquement pour endoctriner et non pour éduquer.
D'autre part, éduquer à la sexualité n'est pas faire la propagande de toutes les formes de déviations sexuelles en confiant la dite éducation à des associations de déviants ou de sodomites, en inculquant les théories déjantées du "genre" dans les jeunes cervelles ou en demandant aux garçons de venir au lycée en jupes, comme l'a fait tout récemment un "recteur" de la "pseudo" éducation dite nationale.
Nous ne sommes même plus alors dans la perversion de nos gamin(e)s mais dans l'imbécilité manifeste.
D'ailleurs cela n'a pas échappé à une humoriste qui sévit tous les jours sur France Inter. Cette astucieuse personne a conseillé à nos jeunes lycéens, s'ils voulaient vraiment partager la condition féminine, d'enfiler un tampon hygiénique. Et Lucifer sait si France-Inter est à mille lieux de s'opposer aux dérives actuelles.
"Choisir" sa sexualité est une crétinerie. Une "crétinerie" à la mode desinée à détruire un peu plus notre civilisation déjà bien mal en point, mais une "crétinerie" quand même.
Le "sexualité" est une et elle est destinée par essence à la reproduction et à la survie de l'espèce. Mais elle a ses dérives comme toutes les autres fonctions ou facultés humaines. On appelle cela généralement des "troubles de la personnalité", des "déviances" des "anomalies", des "perversions" (au sens psychologique). Et comme tels, ces troubles ne justifient aucunement une quelconque condamnation morale, mais compréhension et accompagnement éventuel.
Le problème intervient quand on décide que le pathologique est équivalent à la santé, le malsain équivalent au sain et et quand on veut veut ériger en normes sociales, voire en "droits" l'ensemble de ces déviances. Et les enseigner à nos enfants en plus "pour les informer".
Si vous n'êtes pas d'accord avec cela que pouvons nous nous dire de plus ?
Vous avez certainement vos raisons et je doute qu'elles soient parfaitement innocentes. Je ne me souviens pas avoir évoqué Paul Eluard (le chantre du communisme qui a fait tant d'heureux dans les pays de l'Est et partout ailleurs dans le monde) et je ne me souviens pas non plus avoir refusé "d'étudier" Néron, comme vous dites, bien au contraire. Cela permettra de découvrir ses atrocités dont - entre autres délices - celui d'avoir violé à plusieurs reprises son jeune demi frère Britannicus, avant de l'assassiner avec la délectation qu'on devine.
Quant à Man Ray, si vous avez bien lu mon article vous aurez découvert que c'était un pervers sexuel (mais cela doit constituer un titre de gloire supplémentaire à vos yeux) et qu'il est certainement l'inspirateur de la façon dont le malheureux "dahlia noir" (Elisabeth Short) a été assassiné en référence à une des ses "oeuvres".
Derniers points : mes jeux de mots n'ont rien à voir avec la protection des enfants. Ils sont destinée à faire réagir ceux qui, comme vous, semblez avoir des yeux pour ne pas voir et des oreilles pour ne pas entendre.
Je vous remercie pour le "mal" que vous me souhaitez, bien en accord avec vos références morales, et, en échange, je vous souhaite tout le bonheur possible, dont celui d'une bonne santé morale.
LSM
Bonjours,
Je suis moi même lycéen en terminal, et j'étudie donc bien "les mains libres" en ce moment.
Et quel bonheur de travailler cette oeuvre! Mais au risque de vous decevoir: moi et mes camarades ne sommes pas devenus des prédateur sexuel pour autant!
"J’espère que nos jeunes garçons ne prendront pas trop exemple sur ces braves ovins, car ils risquent fort de se prendre une main sur la figure de la part de leurs copines.Et ils ne l’auront pas volée."
Oui j'ai bien l'impression que vous maîtrisez mal votre sujet! l'oeuvre est proposer à des lycéen en terminal, donc à des adolescent qui sont à l'aube de leur majorité, qui ont eux même le pouvoir sur leurs sexualité. Oui, selon la loi, nous disposons de la liberté de notre sexualité à l'age de 15 ans et 3 mois!
et je ne vais pas vous cacher, monsieur, (au risque de vous choquer) que je me suis astiquer bien avant avoir ouvert ce livre ( ce qui n'étais alors pour moi un acte inavouable et qui me couvrait d'une honte rougissante que je devais faire taire au fond de moi)
Je ne sais pas pour vous, mais je trouve que ce silence envers le sexe que nous impose les conservateurs de la société est bien plus déstabilisante pour les jeunes gens.
Les créations artistiques des surréalistes s'inscrit dans la grande hypothèse du XXe siècle qui boulversa la vision de l'homme ( je parle evidemment de l'hypothèse de l'inconscient de Freud)
Les surréalistes tentent de faire parler leurs inconscients et leurs pulsion ( car c'est en faisant apparaître ces pulsions qu'on peux en prendre conscience, et enfin s'en libérer)
Si nous nous cachons ces choses, nous les faisons pas disparaître, nous les refoulons, mais cependant, nous les conservons, et cette conservation est un danger pour l'intégriter de nos personnes.
Et c'est bien en ce sens que guillaume Apollinaire parle du marquis de Sade: il dit de lui qu'il à été l'homme le plus enfermer ( car prisonnier sous quatre régimes politique différent) Néanmoins il était l'homme le plus libre, car libérer de ses tabou, le marquis de Sade pouvait écrire sans complexe!
"nous ne pouvons pas laisser se développer une telle entreprise - littéralement « satanique » – sans réagir."
Je pense que le témoignage d'un lycéen ne doit pas vous semblez futile, puisque votre indignation nous est consacrer,
Cependant je vais vous demander d'arretter de diffuser votre peur car celle ci est bien trop conservatrice pour que nous puissions devenir de jeunes gens libre dans ce pays
Vous avez fait mention de mai 68 en vous inscrivant dans la branche des conservateurs, je finis donc mon commentaire en faisant echo a cette période:
"SADIQUE DE TOUS LES PAYS, POPULARISEZ LES LUTTES DU DIVIN MARQUIS"
J'ai trouvé votre "commentaire" assez intéressant - et surtout assez affligeant - pour en faire la matière d'un article qui me donne l'occasion de vous répondre en détail.
Vous le trouverez donc sur la page d'accueil de ce site, sous le titre : " Entretien avec un jeune "sadique".
J'espère que vous y trouverez matière à réflexion.
Bien à vous
LSM