
De nombreuses méthodes existent qui affirment présenter la meilleure façon d’aborder un thème natal.
Aucune n’est à prendre au pied de la lettre car tout formalisme tendant à enfermer la saisie d’un thème dans un cadre théorique préétabli, risque d’en amputer le sens et la portée ; de nous conduire sur des chemins de traverse et de laisser échapper ce que ce thème peut présenter de plus spécifique.
Valorisations, Dominantes[2], Figures et Modèles planétaires, Configurations et Aspects, observation des Quartes (Feu, Terre, Aire, Eau) des Rythmes (Cardinal, Fixe, Mutable) des Saisons (occupation des signes de Printemps, Été, Automne, Hiver) des Quadrants (Nord-Est, Nord-Ouest, Sud-Ouest, Sud-Est) ne sont certes pas à dédaigner mais à condition qu’ils soient d'abord et avant tout intégrés dans une vision d’ensemble, que seule peut réaliser l’approche intuitive, la saisie globale par l’esprit de l’interprète. Un peu comme il en est d’un chef-d’orchestre qui serait un bien piètre musicien s’il ne possédait d'abord et à fond, la vision d’ensemble de l’œuvre et ne s’occupait que de d’analyser les différentes pupitres ou les différentes phases musicales d’une œuvre indépendamment les unes des autres.
C’est donc à partir du moment où le thème sera d'abord saisi comme un TOUT indissociable que l’interprète pourra avoir recours à cette méthode que recommandait Platon pour procéder à une réflexion philosophique et que tous les philosophes occidentaux ont peu ou prou adoptée pour faire un bon usage de leur raison. Vous aurez deviné que j’évoque ici sa fameuse « dialectique » que son porte-parole Socrate, présentait ainsi dans le célèbre dialogue le Philèbe : pouvoir découper selon l’espèce en respectant les articulations naturelles et en prenant soin de ne déchirer aucune partie comme le ferait un mauvais boucher . Mais comment respecter les articulations d’un poulet, par exemple, si on n’a pas au préalable saisi la forme totale ou globale dudit poulet ?
Ainsi, pour le philosophe, bien raisonner, bien argumenter, bien démontrer et/ou bien réfuter consiste d'abord à savoir analyser et distinguer les unes des autres les idées ou notions mises en relation dans un texte ; à ne pas les confondre, à leur donner leur juste place ou à les hiérarchiser dans l’ensemble de la démonstration. Ce qui suppose qu’on sache distinguer les articulations naturelles de ladite démonstration qu’on cherche à établir.
Il en exactement de même, quoique de manière spécifique, dans l’approche d’un thème astrologique qui, de ce point de vue, obéit aux mêmes exigences que celles de la pensée philosophique dont elle est si proche par de nombreux côtés, même si elle met en oeuvre une forme de saisie différente de la réalité.
Dans les deux cas il s’agit de chercher, sinon la vérité, du moins le réel et le vrai[3]à partir d’une méthode solidement constituée.
On s’étonnera peut-être de retrouver ici un titre de paragraphe que nous avons déjà rencontré chez Jean-Marie LE PEN. Cela ne peut vraiment nous surprendre : nous avons affaire à deux tribuns politiques très différents dans leurs choix, mais à la démarche très comparable ; il n’est donc pas étonnant que leur thème natal respectif se présente sous une même structure générale.
De plus cela prouve combien l’Astrologie suppose le libre-arbitre et même l’illustre à sa façon, car la proximité structurelle de ces deux thèmes qui laisse présager un certain nombre de comportements et de dynamiques analogues, n’a aucunement empêché les deux personnages en question d’adopter des orientations politiques radicalement opposées.
Une fois de plus il apparaît clairement ici que le thème natal n’est qu’un héritage et un outil. Comment et à quoi serviront-ils ? Il appartient au libre-arbitre de chacun de répondre à la question. Lorsque les Anciens affirmaient Astra inclinant non necessitant, ils ne voulaient pas simplement dire que l’Astrologie ne doit pas être considérée comme un système absolument déterministe qui décide de tout ce qui doit nous arriver ; plus subtilement, ils voulaient suggérer que l’inclination réelle reflétée par le thème astral, peut conduire à des destinées très différentes sans pour autant que cette inclination puisse être niée. du simple fait que l’intelligence et la volonté de l’homme échappent à toute forme de détermination car elles participent de l’Esprit et que l’Esprit est au-delà de toute forme de conditionnement psychique ou physique. Simplement il souffle plus ou moins fort dans des âmes plus ou moins réceptives à son efficace et à son inspiration.
Chez Jean-Marie LE PEN les caractéristiques qu’on peut prêter à ce « modèle planétaire » ont, très globalement, été mises au service de la défense et de l’identité de la patrie.
C’est Jean-Luc MÉLENCHON (qui, a quasi les mêmes initiales que son aîné) elles sont mises au service d’une idéologie islamo-gauchiste qui, à terme, si elle s’imposait, entraînerait la disparition de cette même Patrie.
Je rappelle que le thème en « Seau »ou en « Entonnoir » correspond à une classification adoptée par un certain nombre d’écoles astrologiques, notamment l’Astrologie dite Humaniste – trop fortement mâtinée de gnosticisme pour que je puisse la conseiller- élaborée par Dane Rudhyar aux USA et promue en France par Alexandre Ruperti et quelques autres praticiens.
Le « Seau » ou l’« Entonnoir », évoque une figure astrologique dans laquelle huit ou neuf corps célestes se répartissent sur une même portion du thème et sur un angle pouvant aller jusqu'à 190° maximum, laissant ainsi échapper un voire deux autres corps célestes réunis ou non par une conjonction, hors de ces 190°.
Ce (ou ces deux) corps céleste(s) isolé(s) doi(ven)t - sinon faire face -, du moins se distinguer de ce premier groupe – en se situant à plus de 30 degrés minimum, de part de ses bords.
Globalement, chez J-L M le corps du « Seau », ici constitué par huit corps célestes sur dix se répartit sur 125° de part et d’autre de l’Asc. Donc de manière très serrée et essentiellement dans la quarte Sud-Est (c'est à dire entre l’Asc et le MC) occupés par les Signes d’Été (j’y reviendrai).
L’anse de ce Seau est constituée par les deux derniers corps célestes LUNE en Poissons et JUPITER en Bélier, formant un certain nombre d’aspects avec le corps principal. Nous aurons à décrypter en détail cette disposition dans la suite de notre étude.
Mais, pour l’essentiel on peut remarquer que, dans cette conception particulière s’inscrivent les dynamiques astrologiques suivantes :
Je ne répéterai pas ce que j’ai déjà écrit à propos de cette disposition planétaire dans l’étude consacrée à J-M.L.P mais remarquons que, dans le cas de Mélenchon, la planète leader – celle qui indique la direction vers laquelle tend l’énergie contenue dans le « seau » est :
URANUS est en Cancer chez Mélenchon où il évoque souvent une forme quelconque de révolte individualiste contre le milieu familial (étendu au national). Citons à titre d’exemple : Byron, Louis 1er de Bavière, Gide, Proust : tous « déviants » et « scandaleux » pour la société de leur temps. La nôtre ayant abdiqué toute forme de normes et de décence, ne peut plus se scandaliser de quoi que ce soit.
URANUS est en Bélier chez J.M LE PEN, signe dans lequel peut s’affirmer son caractère réformiste voire révolutionnaire, souvent libertaire (notamment quand il s’agit de s’affranchir d’une oppression quelconque). Il y a du Prométhée dans URANUS Bélier comme il y en avait chez J-M L.P qui s’est acharné à vouloir réveiller une vieille nation endormie sur ses lauriers.
Ces considérations me permettent d’évoquer au passage le cycle URANUS/NEPTUNE qui couvre une période de 172 ans et de préciser que les deux dernières rencontres entre ces deux significateurs ont eu lieu :
Car il apparaîtra très vite – et même bien avant la signature dudit Traité, c'est à dire dès la fin de la guerre de 39/45 – qu’il s’agit d’imposer la construction d’une Europe Fédéraliste privant les États européens de leur souveraineté, première étape vers l’établissement d’un Gouvernement Mondial constitué par une upper-class ploutocratique d’inspiration talmudo-maçonnique.
Le rejet du projet de Constitution dite Européenne par le peuple français à l’occasion du référendum de 2005 puis la trahison sans complexe de ce référendum (et du peuple qui s’y est exprimé) par l’artifice du Traité de Lisbonne de 2007, montrent combien les Européistes apatrides, sont décidés à écraser les nations, les cultures, et tout particulièrement les fondements chrétiens de notre civilisation.
Projet qui, comme au XIXème siècle, entraîne, de nos jours, une réaction identitaire de plus en plus marquée, un vrai réveil des nations et des souverainetés dont le pronostic vital est désormais engagé[6]. Enfin, en lieu et place du machinisme et de l’industrie à base charbonnière, facteurs de grand « progrès » à partir de 1821[7] nous assistons, depuis les années 90, à la domination foudroyante des nouvelles technologies de l’information (internet) de la communication (téléphonies, vidéo-conférence, réseaux sociaux), la conquête du numérique et de l’IA aux applications multiples et fort inquiétantes pour nos libertés, qui bouleversent les bases anthropologiques sur lesquelles les sociétés fonctionnent depuis des millénaires. Ajoutez-y la mondialisation financière et économique disposant depuis la même époque de réseaux et de moyens planétaires susceptibles de faire plier les États les plus puissants et vous constaterez que – sans intervention du Ciel – nous sommes tous condamnés à subir, dans nos prisons collectives et individuelles, la loi d’un geôlier sans âme qui possèdera toutes les clés de notre identité, voire même de notre survie, individuelle et collective.
L’apôtre Jean ne nous avait-t-il pas informés que « le monde entier est sous la puissance du malin » ? (1 Jean 5:19). Nous y sommes.
Comme il est facile de le constater à la lumière de ce très bref exposé, la pensée astrologique a la possibilité, en observant les cycles planétaires, de formaliser de manière très instructive les moments-clés de l’histoire de nos sociétés et d’apporter un cadre formel symbolique très explicite à un ensemble de circonstances, d’événements ou de situations collectives qui, hors de ce cadre, apparaîtraient comme purement contingentes et désordonnées. Et, mieux encore, elle permet d’anticiper les articulations, c'est à dire les moments de crise et d’adaptation de ces grands processus.
C’est ainsi qu’en 2165 URANUS et NEPTUNE reformant un nouveau cycle (après les phases intermédiaires qui structureront le cycle complet : 1er carré en 2039– opposition en 2070, 2ème carré en 2027, par exemple) se reposera fort probablement la question « européenne » d’une manière ou d’une autre et pour peu que l’Europe existe encore à ces époques. Ce dont on peut légitimement douter.
Ainsi, avant même que nous ayons entamé l’analyse détaillée du dispositif astrologique qui conditionne la personne de JL MÉLENCHON et en tenant compte de ce qui précède, à savoir que lui et Jean-Marie LE PEN inscrivent leur deux destinées dans une structure astrologique comparable, nous pouvons comprendre que chacun des deux personnages à épousé la cause des deux corps célestes encadrant l’ensemble dudit dispositif et incarnent les deux choix extrêmes qui se posent à la France et à l’Europe pour notre temps :
Il nous faut maintenant nous intéresser aux deux planètes dites APEX dans ce modèle planétaire.
Chez Jean Luc il s’agit de la LUNE en Poissons et de JUPITER en Bélier. C’est à elles que revient le rôle de canaliser cette énergie [celle contenue dans le « Seau »] pour l’orienter dans une direction privilégiée par le natif comme nous l’avons déjà écrit dans l’étude consacrée à JMLP .
Ce sont donc ces deux symboles qui pourraient orienter la mission de vie[8] ou la vocation de Jean-Luc Mélenchon, et qui sont susceptibles de qualifier une personnalité très concentrée et passionnée, capable de conduire sa vie avec un acharnement presque surhumain suivant ce modèle en « Seau ».
Je ne développerai pas ici tout ce qu’on peut tirer de la position de ces deux fonctions essentielles. Je préfère revenir sur leur rôle respectif un peu plus tard dans le cadre de leurs interrelations avec le reste du thème où il apparaîtra de manière plus évidente.
Je me contenterai seulement ici de souligner le côté nombrilique, spectaculaire, histrionique même, que la combinaison de ces deux corps célestes – rejetés à l’Occident du thème, donc mal intégrés - peut provoquer chez ceux qui dans leur soif de reconnaissance sociale pensent utile d’étaler leurs états d’âme en dépit de tout bon sens, voire de toute retenue.
Peut-être pourrait-on convoquer, sur ce point le témoignage de Julien Dray qui l’a si bien connu qu’il a écrit un ouvrage sur son ex-compagnon de route au parti socialiste[9] [10].
Jean-Luc s’aime beaucoup, chacun le sait, enfin, celles et ceux qui l'ont pratiqué un long moment [...] Mais plus que s'aimer il préfère qu'on l'aime par-dessus tout[11], que l'on reconnaisse en lui les qualités dont il estime être pourvu[12]. A propos de ce JUPITER inflationniste, Julien Dray évoque pour son ami Jean-Luc une matrice de la dignitas et gravitas que l'on attendait du sénateur Romain. Il cite les paroles mêmes de Mélenchon : J'ai gagné un concours de déguisement à cinq ans à Tanger vêtu avec la toge à bordure rouge du législateur antique. Et n'ai je pas été élu sénateur ensuite, le plus jeune de l'histoire de notre République ? Sans rire. Mais il est vrai que Mélenchon ne plaisante pas avec la vision de son rôle dans l'histoire.
Fin de citation.
Pour en revenir brièvement sur la polarité neptunienne du sujet (alors que j’ai établi une polarité plutôt uranienne chez JMLP) accentuée par la présence de la LUNE dans le signe christique et victimaire des Poissons, je relève, sans m’y attarder, une remarque de Julien Dray qui nous apprend que Dans son livre « Le choix de l'Insoumission » [Jean-Luc Mélenchon] se décrit comme mystique !Pourquoi pas ? Tant qu’il ne se prend pas pour le Messie...
A la lumière de ses prises de position, on aurait plutôt envie de lui demander : A quand ton Hajj[13] à La Mecque ?
La structure générale de ce thème étant des plus concentrées, massive, il est difficile d’en dégager des lignes de forces (des sous-structures) clairement identifiables tant elles s’enchevêtrent les unes dans les autres, d’où le caractère attribué aux personnalités qui en sont marquées: très concentrées et passionnées, capables de conduire leur vie avec un acharnement presque surhumain[14], comme je l’ai déjà fait remarquer à propos du thème de JMLP
31 – Sous-Structures
En fait, on pourrait très schématiquement décomposer ce thème de la manière suivante :
[Le lecteur non averti pourra sauter ce paragraphe]
Ces trois figures entretiennent des relations secondaires entre elles, telle que celle de SATURNE harmonique à URANUS/LUNE NOIRE dominants au MC, par exemple ; ou encore le quinconce exact (150°) entre la LUNE et le SOLEIL que j’évoquerai le moment venu.
Remarquons, toujours au titre de ces généralités :
Combinaison qui évoque une certaine composante faite de patience, de ténacité, d’obstination même dans les comportements du natif. Celui-ci ne s’ouvre généralement qu'avec une extrême prudence. Il aurait plutôt tendance à ne s'investir dans le monde extérieur (toujours incertain) que progressivement et méthodiquement[15]
Faiblesses : présomption, imagination fantasque, irréalisme, caprice, orgueil, don-quichottesque.
Forces : dynamisme juvénile, invention, désintéressement ».
Avouons que l’approche conditionaliste se révèle des plus pertinentes quand nous entendons et surtout regardons agir J. L Mélenchon[18].
Rapprochons ces trois ensembles de dispositions générales :
Et nous commençons déjà à voir se préciser le portrait d’un personnage assez singulier qui oscille et oscillera toujours entre le Meneur et le Forcené. Personnage dont la personnalité excessive, souvent histrionique, en mal de reconnaissance absolue ; dont le discours extrémiste, favorisé par un talent oratoire certain (comme nous allons le voir), attire, a attiré et attirera toujours les frustrés de toute sorte, particulièrement ceux qui attribuent aux autres leurs propres échecs ou leur médiocrité et estiment, de ce fait, n’avoir que des droits à revendiquer et aucune responsabilité à assumer dans leurs propres difficultés. En résumé ceux qui, faute du courage ou de la volonté nécessaire pour donner un sens à leur vie, préfèrent endosser le rôle d’éternelles victimes de la société, dont on sait, depuis Rousseau, combien elle est « méchante ».
De ce point de vue les Danton, les Marat, les Ravachol ou les Mandrin, comme aussi les Lénine, les Hitler, les Castro, les Ceausescu et tant d’autres, auront toujours un large public prêt à les écouter, les admirer et les suivre.
Mais nous n’en sommes encore qu’au stade d’une approche, superficielle, extérieure, de la personnalité de J. L Mélenchon, de ses choix, de ses prises de position et de ses comportements.
Nous allons essayer maintenant de mettre à jour les motivations essentielles qui les justifient.
Après cette disposition si caractéristique de son thème en « Seau » voire en « Éventail » (il s’agit d’un « Seau » encore plus resserré) ce qui frappe le praticien au premier regard, c’est l’ensemble planétaire qui encadre de très près l’Asc de l’intéressé.
D'abord que la présence de SATURNE si près d’un Asc Vierge ne peut que renforcer le côté sec, mental, sélectif d’un signe qui a souvent une certaine difficulté à se laisser aller à la vie ambiante ; un être marqué par le refus de l’instinct qui passe tout au crible, réfléchit avant d’agir, coupe souvent les cheveux en quatre. Ces dispositions pouvant contribuer – en positif – à établir une discipline, à respecter un ordre qui servent un idéal. Julien Dray, que nous avons pris pour guide dans cette exploration du thème de JLM, écrit dans son livre déjà cité : Enfin en 2000, Lionel Jospin lui ouvre en grand la porte du gouvernement en le nommant ministre délégué à la formation professionnelle. Fidèle à lui-même, il y passe tout son temps, jusqu'à emménager au ministère.... Au cours de son mandat, le ministre délégué à la formation professionnelle entreprend une formation sur le tas dans l'exercice de la parole publique. Il apprend très vite grâce à Valérie Atlan une extraordinaire attachée de presse. Il prend goût à cette présence médiatique. Une part de Mélenchon se révèle à Jean-Luc.
Hormis le goût de la présence médiatique qui relève d’autres dispositions astrales sans doute, tout dans ce portrait relève des qualités virginales : notamment le goût du travail bien fait qui peut aller jusqu’au perfectionnisme, le goût permanent d’apprendre qui peut tourner chez certains sujets à l’« encyclopédisme ».
Inutile de dire que la présence – à l’Asc. - de la grande planète du « doute » (cartésien ou non)paralysant ici les valeurs de sociabilité et de bienveillance propres à la Balance, mais exaltant peut-être son sens inné de la justice, ne peut que renforcer les dispositions austères voire inémotives de la Vierge saturnisée.
De sa présence dans la zone la plus directement liée à l’égo du sujet, André Barbault nous dit que là où se trouve SATURNE, là se révèle un lieu de manque, de privation, de restriction, de difficulté , de retard, voire même de perte, d’abandon, de détachement, et, en cas de dissonance [ce qui est le cas ici où SATURNE est dissonant à la LUNE - pôle de l’extrême vulnérabilité telle celle de l’enfance] et, à partir de la LUNE, dissonant aussi aux deux symboles de la jeunesse et d’ouverture que sont MERCURE et VENUS dans la théorie des âges propre à certains théories astrologiques ; de cette présence, donc, ce même Barbault nous dit : coefficient d’introversion, de rejet de l’instinct, d’autodéfense, de vie sur soi ; facteur d’adaptation lente (secondarité) ou d’inadaptation. Particularité saturniennes d'autant plus prononcées que l'astre est proche de l'Asc.
Vous ne serez pas surpris de trouver dans la liste des personnages célèbres qui peuvent présenter cette disposition particulière : le sinistre Robespierre qui s’écria au soir des massacres de septembre où des milliers de Français furent égorgés dans leur prison : « Dieu merci, aucun innocent n’a été affecté » (je cite de mémoire). Plus près de nous nous trouvons par exemple, Orson Welles dont les parents se séparent lorsqu'il a quatre ans, sa maman mourant très jeune alors qu’il n’a que neuf ans et son père quand il en a quinze : orphelin à quinze ans ! Ne sommes-nous pas dans la privation et le manque, la perte et l’abandon ?
Blessures inguérissables dont rend peut-être compte le fameux « Rosebud »[19], ce dernier mot que prononce juste avant de mourir le héros de son célèbre film « Citizen Kane », et où il faudrait voir, d’après Lacan, une forme de métonymie de la perte définitive et inguérissable.
Encore plus près de nous, comment ne pas évoquer Margaret Thatcher, cette fameuse « dame de fer », servant dans l’épicerie de sa mère pendant son enfance et son adolescence, soumise à une discipline des plus exigeantes dont elle disait : Nous étions méthodistes, c'est-à-dire que nous aimions l'ordre, la précision et la rigueur. Toutes dispositions saturniennes - faut-il le préciser ? – qualités dont elle explora les facette les plus implacables, lorsqu'elle laissa mourir en prison– en 1981 - des opposants irlandais ayant entrepris une grève de la faim pour obtenir le statut de prisonniers politiques. En vain.
Je connais assez mal sa biographie – si on excepte ce qu’en écrit Julien Dray qui ne s’intéresse qu’à son profil psychopolitique – mais je sais que ses parents divorcent quand il a sept ans et que, deux ans plus tard, - il n’a donc que neuf ans - sa mère, très pieuse, institutrice à Tanger où son père occupe un poste de receveur des PTT -, ajoute à cette première déchirure celle de l’exil. Celui-ci consistant à « rentrer » en France. Le départ d'Afrique du Nord est une blessure qui me met en communion avec la sensibilité de n'importe quel immigré, dira-t-il un jour. Soit. Il ajoutera à l’occasion d’une interview diffusée sur une antenne de télé, qu’il se sentait en danger lorsqu'il était entouré de blonds aux yeux bleus ! Étrange ! ne puis-je m’empêcher de penser en rapportant ces propos, car il se trouve que j’ai subi, moi aussi, l’exil d’AFN où je suis né, ainsi que les trois générations qui m’ont précédées, sans pour autant considérer que mon « retour » dans un pays que j’aimais déjà sans réserve sans plus le connaître que Jean-Luc, constituait une punition quasi divine. Quant à se sentir proche des « immigrés », je peux le comprendre puisque je suis fils, petit-fils, arrière-petit-fils d’immigrés italiens ; mais je n’ai jamais confondu « immigrés » honnêtes et travailleurs, et « envahisseurs » violents et haineux envers ceux qui les accueillent et les nourrissent et, bien au contraire, les rendant responsables de leur propre échec à s’assimiler.
Tout ce qui fait que Mélenchon est l’agité politique que nous connaissons, hostile à sa propre Patrie, tous les moyens dont il dispose et qu’il met en oeuvre (intellectuels, culturels, politiques, sociaux) pour fustiger son propre pays, voire pour favoriser sa submersion par des puissances rien moins que fraternelles, il les doit à la France qui l’a nourri, protégé et éduqué, comme elle a éduqué, nourri, protégé et même assuré la promotion sociale de ses parents et ascendants, tous immigrés espagnols vivant difficilement au fond de quelque province désavantagée avant que la France ne les accueillît généreusement.
Il ne doit rien au Maroc ou au Maghreb. D’autant mieux qu’il est né à Tanger, territoire qui n’était pas encore marocain en 1951. Wikipédia nous apprend que : enclavée dans la zone nord du Maroc, alors sous protectorat espagnol, elle [la zone internationale de Tanger] était régie par un système complexe impliquant diverses nations européennes, les États-Unis (après la Seconde Guerre mondiale), ainsi que le sultan du Maroc, lui-même soumis à un protectorat français international comme chacun le sait .
Première réponse : on constate à lire le thème de Jean-Luc que SATURNE gouverne entièrement la maison IV : les origines, la famille, les racines. De nombreux astrologues considèrent que cette Maison IV représente les origines paternelles. Cela me paraît contradictoire si on se souvient que l’analogie signe/maison, évoquerait plutôt le Cancer (4ème signe) et la mère (signe lunaire). Mais soit, acceptons cette interprétation.
Ce qui est de toute façon indiscutable c’est que SATURNE constitue un archétype « paternel » en tant qu’il évoque le tuteur, le protecteur, mais aussi celui qui « élève », qui aide l’enfant à grandir et à se structurer, à franchir les étapes d’une construction de soi quelquefois difficile, en vue d’être en mesure d’assurer son rôle d’adulte responsable de lui-même et des missions qu’il aura à assumer. De ce point de vue SATURNE le protecteur est aussi l’exigeant, le frustrant, celui qui impose les limites nécessaires pour inculquer le sens de la loi et de l’effort, non seulement sur le plan physique et intellectuel, mais aussi et surtout sur le plan moral et spirituel.
D’où nous pouvons conclure que ce principe si important dans la construction d’une personnalité adulte, responsable, solide et harmonieuse et si fort valorisé par sa présence sur l’Asc. (le « moi » disent certains) du sujet évoque, dans le contexte, soit un double manque, une double perte, soit une double contrainte insupportable :
Rien de bon n’est à en attendre.
Rappelons qu’un SATURNE dissonant à la LUNE qui représente les besoins essentiels d’un être humain dans leur globalité : matériels, nourriciers, affectifs, émotionnels, sociaux, intellectuels, peut se manifester – très schématiquement - de deux manières opposées et complémentaires, toutes deux décrites par l’école freudienne lorsqu'elle évoque le fameux complexe de sevrage ou de frustration affective
Les deux attitudes pouvant s’inverser ou alterner au cours d’une même période ou au cours de l’existence[24].
On devine que c’est cette dissonance très éprouvante qui nous livre la clé de la personnalité agitée et excessive de Jean-Luc Mélenchon.
Les amateurs d’opéra auront reconnu dans ce sous-titre, une allusion à Wagner et à son chef-d’œuvre final : Parsifal. Expliquons-nous. Cet opéra nous raconte l’histoire du Roi des Chevaliers du Graal, - Amfortas -, blessé par la Sainte Lance au cours d’un combat. Il s’agit bien sûr de la lance qui jadis perça le flanc du Christ. Préservé de la mort par le Saint-Graal, le malheureux Amfortas souffre depuis d'une douleur inguérissable.
Mais, une voix divine lui a cependant soufflé ces paroles consolatrices :
"Pitié rend sage le fou au cœur pur.
Sache attendre celui que j’ai choisi".
On devine que Parsifal incarnera le jeune innocent qui viendra – suivant la légende - lui apporter la guérison et la rédemption.
C’est d'abord ce personnage d’Amfortas auquel je pense en observant cette opposition d’un Saturne symbole de froideur, d’inémotivité, d’impassibilité, de renoncement, voire de cruauté qui vient blesser – le mot n’est pas trop fort – comme une lance, une LUNE dont les valeurs de réceptivité, de sensibilité sont démultipliées dans le signe osmotique et sentimental des Poissons où elles peuvent se colorer de tonalités victimaires, sacrificielles, voire expiatoires et, pour tout dire, mystiques[25]. Remarquons en outre que MERCURE et VENUS prises dans la même prison émotionnelle (Maison XII : Carcer, en latin), se font réceptacles des blessures de la LUNE. Je vais y revenir,
Mais la légende arthurienne dont s’inspira Wagner nous renvoie – voyez comme le monde est bien fait – à la Mythologie grecque à travers le mythe de Chiron, roi des Centaures.
Ledit mythe nous apprend que ce malheureux Chiron, fils de Chronos et de la nymphe Philyra – donc demi-Dieu et par conséquent « immortel » - incarne sagesse, connaissance et guérison ; contrairement aux autres centaures brutes épaisses et violentes[26]. C’est pourquoi on lui envoie en formation ou en traitement tous les jeunes Grecs aspirant au statut de héros ; dont Héraclès qui au cours d’un exercice, l’a maladroitement blessé d’une flèche empoisonnée. Ce qui explique que le demi-Dieu Chiron, puisqu’immortel, est condamné à souffrir sans fin ! Quelle ironie pour un merveilleux guérisseur comme lui de ne pouvoir se guérir soi-même ; quelque remède qu’il utilise. Problème insoluble.
Sauf à renoncer à son immortalité pour échapper à son supplice. Justement, cette tête folle et rebelle de Prométhée (qui inspire toutes les extravagances de notre siècle qui en est si fécond), serait ravie de reprendre ce privilège d'immortalité à son compte, maintenant que ce personnage vient d'être délivré par Héraclès de l'aigle qui lui rongeait le foie en punition de son terrible forfait : voler le feu aux Dieux pour le donner aux hommes ! Tragédie dont nous ne sommes toujours pas remis à l’heure actuelle.
Sitôt dit, sitôt fait, l’échange est conclu et Chiron va donc enfin pouvoir se reposer et guérir. Et, comme prime de départ à la retraite Zeus – son généreux demi-frère – lui accorde l’honneur de disposer d’un coin de ciel pour lui tout seul sous la forme d’une Constellation. Celle du Centaure, comme vous l’aurez deviné.
Chiron, souvent appelé “le guérisseur blessé” en astrologie, représente nos blessures les plus profondes, ainsi que notre capacité à les surmonter et à en tirer des leçons. Son emplacement dans un thème natal identifie le lieu ou le domaine où nous pourrions ressentir des douleurs persistantes ou des insécurités. Cependant, ces mêmes zones sont également celles où nous avons le plus grand potentiel de guérison et d’enseignement pour les autres. Chiron nous rappelle que, bien que la blessure elle-même puisse ne jamais disparaître complètement, elle peut devenir une source de force et de sagesse. Vous voyez que le distingué Dr Boris Cyrulnik n’a pas vraiment fait preuve d’une grande originalité en accouchant du concept de résilience qui a acquis tant de succès sous sa plume. Les rapsodes grecs l’avaient précédé de très loin comme il en est d'ailleurs pour tout ce qui, de près ou de loin, touche à la connaissance de l’âme humaine.
Avec Chiron, les blessures peuvent être liées aux tourments de la foi, à la quête de vérité[27], à la quête du sens d’une existence. Les individus dont le thème le met en exergue, peuvent ressentir un doute constant ou une forme d’insatisfaction concernant leurs croyances, leurs convictions ou leur compréhension du monde. La guérison passe par la redécouverte d’une vérité qui leur soit propre et par la compréhension que le voyage à entreprendre pour la découvrir, est tout aussi important que la destination.
Voilà pour les généralités.
Mais – pour en revenir à notre moderne Centaure politique – remarquons que la blessure originelle est très profondément inscrite dans le thème de J.L Mélenchon, le manque ou l’abandon du père n’étant qu’un écho très profond d’un manque beaucoup plus ancien.
Elle l’est de deux façons tout aussi manifestes l’une que l’autre :
Pourquoi les Poissons ? Parce qu'ils symbolisent la vie en abondance ; celle qui est promise aux chrétiens recueillant les fruits du sacrifice du Christ sur la Croix. Il s’agit de vie spirituelle bien entendu, celle qui demande efforts et renoncements pour être atteinte : étroite est la porte, resserré le chemin, nous avertit Matthieu en 7 :14.
L’autre métaphore qui s’impose ici est celle du poisson qui n’accomplit sa vie de poisson (la vie en abondance) que parce qu’étant pris au filet, il se sacrifie pour nourrir les hommes.
Je vous laisse réfléchir à tous les rapprochements que nous pouvons établir avec la doctrine chrétienne et qui plaident, une fois de plus, en faveur de la pertinence et de la richesse d’évocation du langage astrologique.
Rappelons que la mère de Jean-Luc est présentée comme une fervente Catholique et que lui-même a bénéficié de tous les dons spirituels que l’Église met à la disposition de l’homme en recherche de salut. Il fut même enfant de chœur, lit-on dans les articles qui lui sont consacrés, et a conservé quelque chose de son héritage catholique comme on peut le constater dans son interview à Famille Chrétienne, par exemple. En fait, chef-d’œuvre de duplicité que nous ne pouvons aborder ici.
En tous cas on peut dire que la voie d’un authentique accomplissement, personnel et politique, tel qu’enseigné soit la morale chrétienne individuelle soit par la doctrine sociale de l’Église, n’est certainement pas celle qu’a choisie notre moderne agitateur. Quelque soit l’amour qu’il portait à sa mère[28] et, peut-être, au curé qu’il l’a confirmé, Jean-Luc se sent plus proche de Castro, Chavez et même, un temps de Poutine et de Trump, qu’il ne le sera jamais de Gabriel Garcià Moreno ou de Antonio de Oliveira Salazar, chefs d’État tout aussi autoritaires que lui, mais catholiques engagés extrêmement soucieux du Bien Commun – notamment spirituel - de leurs peuples.
Le sentiment de revanche sociale ne s’apaisera jamais en moi » écrit Mélenchon dans son livre « Le choix de l’insoumission »... Que vient faire cette rumination voire ce ressentiment permanent dans les propos de Mélenchon pour s'écrire ? Quelle revanche a-t-il à prendre ? Contre qui ? Contre quoi ? Pourquoi faire ? Qu'est-ce qui justifie tout à coup cette affirmation brutale et sentencieuse ? [...] Mais « revanche sociale ?
Ainsi s’exprime Julien Dray, qui ajoute : Je reste perplexe.
Nous aussi.
Bonnes questions néanmoins ! Merci d’autant plus à l’auteur de les avoir posées dans son livre qu’elles rejoignent les préoccupations que j’exprimais un peu plus haut dans cet cet essai.
A coup sûr, c’est une image qui séduirait notre héros tant elle est susceptible de flatter son égo démesuré. Sauf que Prométhée, s’il a apporté le feu aux hommes leur a peut-être fait un cadeau empoisonné. Certes, grâce à l’enseignement de sa complice Athéna il leur a enseigné la métallurgie et d’autres arts appliqués, fort utiles. Mais il n’en demeure pas moins que le feu, même s’il paraît domestiqué, demeure un ami dangereux car imprévisible et dévastateur en puissance. Comme peuvent l’être les passions que JLM peut enflammer par certains de ces discours, entraînant leur suites logiques de violences, de destructions et de troubles à l’ordre public ; bel euphémisme. Si bien que cette apparente bienveillance de Prométhée pour les hommes, parce qu'elle n’est que l’envers de sa malveillance secrète et de sa trahison à l'égard de Zeus, est susceptible de causer de multiples catastrophes. Le feu, d’après certains commentateurs, est un dólos, c'est à dire une ruse trompeuse, un piège, dirigé au départ contre Zeus certes, mais ce sont souvent les hommes, si chers au cœur de Prométhée, qui finissent par payer les pots cassés.
En fait, le mythe nous apprend que Zeus n’était pas hostile à ce que les hommes accèdent à la connaissance. Il avait même chargé Épiméthée (frère de Prométhée) d’une tâche qui allait en ce sens, mais ce malheureux Épiméthée n’étant à la hauteur voulue avait échoué à la remplir. Si bien que Zeus aurait pu comprendre que Prométhée tentât de réparer la gaffe de son frère. Sauf que cet orgueilleux personnage a cru devoir agir de sa propre initiative en volant le feu aux Dieux, au lieu d’en recevoir l’autorisation de Zeus lui-même.
Mettez-vous à la place de ce dernier. On ne peut quand même pas laisser voler impunément ce qui relève du domaine divin ! Lucifer en sait quelque chose qui, pour des raisons analogues – un orgueil blessé -, a fini sa splendide carrière en enfer. Et là aussi on assiste au même scénario : sous prétexte de se venger en aidant les hommes a devenir comme des dieux, connaissant et décidant, à leur égal, du bien et du mal en mangeant du fruit de la connaissance, Lucifer les a simplement condamnés à la souffrance, à la maladie et à la mort, sans pour autant entamer d’un iota la Toute Puissance divine qui aura toujours le dernier mot. Comme elle aura une raison de plus de manifester sa Miséricorde : Heureuse faute d'Adam qui nous a valu un tel rédempteur. où le Christ est sorti vivant du séjour des morts (PS 138,12)
Bref. Zeus, lui, en punition du vol et non du don de ce souffle de vie (le feu) que Prométhée était chargé d’apporter à chaque créature quand Zeus l’aurait décidé, le punit de la manière décrite plus haut, témoignage de la créativité et de l’inventivité jamais à court de ce fils de Saturne.
Lorsque j’observe ce qui se passe sur la ligne d’horizon du thème de J-L.M, je ne peux m’empêcher de comprendre la présence de ces quatre corps célestes – SATURNE/Asc -LUNE/Dsc-MERCURE-VENUS, comme un tout insécable réuni sur le fond symbolique des Valeurs 6/12. J’entends par « valeurs 6/12 » ce qui, analogiquement, associe l’axe des signes Vierge/Poissons (sixième et douzième signes) à la sixièmes et douzième Maisons, dans une commune atmosphère de limitation, d’emprisonnement, de souffrance et d’épreuve libératrice. Ou de fuite et de désespoir lorsque le sujet n’est pas capable de s’élever au-dessus de ses compulsions et de ses obsessions.
Configuration qui, en nous renvoyant aux figures de Prométhée et de Chiron – pour ne rien dire de la figure christique – évoque la « faute » originelle qui nous enferme dans notre propre orgueil (quel qu’en soit l’origine et la manifestation) et ne peut être guérie que par la redécouverte de notre condition de créature imparfaite et incomplète en oubliant notre fantasme de d’auto-divination. C’est donc cet axe 6/12 (Signes comme Maisons) qui nous présente à la fois la facture des maladies de l’âme que nous nous sommes à nous-mêmes infligées (avec leurs correspondances physiques éventuelles) ou, plus sûrement encore, dont nous avons hérité, et qui nous indique les voies d’une guérison possible en passant par la « Croix ». La « croix » (même pour un non-Chrétien) symbolise notre condition humaine limitée et conditionnée dans un temps et un espace donnés, et incite à la mise à mort de cette orgueilleuse et fallacieuse prétention à l’autosuffisance ou toute-puissance qui n’appartiennent qu’à la Transcendance[29] qui, seule, détient les clés de la prison dans laquelle nous nous sommes enfermés. Transcendance que refuse pourtant l’homme blessé par le péché d’orgueil qui s’exprime alors de toutes sortes de manières, souvent sordides. La plus commune étant la rébellion, la révolte contre la loi naturelle et la loi divine[30].
Mais rien n’y fait. Quels que soient nos efforts, nous sommes impuissants à nous délivrer de ces illusions qui nous enferment dans les représentations à l’origine même de nos souffrances. Il faut que quelqu’un « s’y colle » et paie les pots que nous avons cassés. C’est le cas de toutes les figures plus ou moins sacrificielles telles que celles de Prométhée, Chiron, Osiris, voire le Saturne d’après l’exil ; la plus achevée d’entre elle s’incarnant dans le Christ donnant Sa vie pour racheter les péchés des hommes.
Regardons donc ce SATURNE mélenchonien, avec ses doubles connotations tournant autour du manque, de la culpabilité, de la frustration et du sacrifice d'une part, de l’exigence, de la raideur, de l’avidité et de l’inémotivité d'autre part. Ce SATURNE qui se veut justicier puisque situé dans le signe de la Balance dont nous connaissons les affinités avec la notion de Justice impartiale.
Observons cette LUNE expressive de toutes les douleurs, de toutes les humiliations, de toute la déréliction du monde (Marie au pied de la Croix ?) et demandons-nous quel ressenti peut découler de ce conflit (dont nous ne connaîtrons jamais l’origine exacte) .
Attachons nous maintenant à deux personnages que nous n’avons pas encore vraiment observés : MERCURE et VENUS.
Il nous faut d'abord remarquer que ces deux symboles planétaires sont deux tous expressifs du sujet Jean-Luc Mélenchon, tel qu’en lui-même. Pourquoi ?
Parce qu'ils sont tous deux, maîtres de son double Ascendant :
MERCURE est le maître de l’Ascendant Vierge
VENUS est, elle aussi, maîtresse de sa Maison I (identité), quoique secondaire, du fait que l’horizon Est (Asc) se situant sur le 27ème degré Vierge, le signe de la Balance occupe une large place dans la Maison I du sujet. Nous avons donc là une double orientation originelle et constitutive. Les praticiens de l’Ennéagramme[31] (très belle école de connaissance de soi) parleraient peut-être de sa compulsion, c'est à dire du mécanisme fondamental de la personnalité, celle qui provoque le passage de l’essence [plus haute dimension psychologique et spirituelle] à l’égo [attitudes automatiques, fausse personnalité]
Je ne vous surprendrai pas si je pose que MERCURE (surtout celui de la Vierge) exprime, par définition, les orientations intellectuelles de Mélenchon, orientations à caractère rationnel, analytique, pratique, souvent technique, toujours utilitaire et pragmatique de l’esprit humain. La question clé ici consiste, pour chacun de nous, à se demander « à quoi telle chose peut-elle bien servir ? comment l’améliorer ? » et surtout « à quoi JE peux bien servir et comment puis-je m’améliorer pour mieux « servir » et me réaliser. Elle exprime donc le souci d’une plus grande efficacité ; qu’elle soit pratique ou morale ?».
Je vous surprendrai encore moins si je pose que VENUS (surtout celle de la Balance) exprime les orientations d'abord affectives et relationnelles et ensuite esthétiques et morales de qui que ce soit.
Mercure nous sert à connaître et à comprendre, dans l’absolu. En tant que « rationnel » il se veut neutre et objectif
Vénus, au contraire nous sert à sélectionner, choisir, adhérer et nous associer à ceux (et à ce) que nous aimons ou qui servent nos intérêts. Cela se fait en fonction de critères que nous cherchons quelquefois à rationaliser certes, mais qui sont rarement totalement logiques : « le cœur a ses raisons... » dit l’autre. En tant que « sentimentale » VENUS n’est donc pas neutre car nos choix en de nombreux domaines sont colorés par nos affects ; c'est à dire ce qui nous touche ou suscite nos désirs, nos goûts, besoins et nos attentes, toutes données subjectives ou personnelles, liées au fait que nous ne sommes pas de purs esprits, mais des esprits incarnés. Mais aussi par tout ce qui, inversement, crée une forme quelconque de rejet ou de répulsion en nous.
On pourrait penser que d’une certaine façon les inclinations ou attirances exprimées par VENUS sont d’une façon ou d’une autre tributaires des informations que MERCURE nous délivre de manière plus ou moins consciente. C’est possible mais la question reste ouverte. De plus MERCURE n’a pas le privilège de la vérité immédiate, il peut mal interpréter la réalité qu’il a à éclairer.
Quoiqu’il en soit je remarque qu’un psychiatre et un philosophe comme C.G Jung, lorsqu'il définit les quatre orientations de la conscience humaine, considère que deux orientations sont irrationnelles : la sensation et l’intuition qui ne reposent pas sur un raisonnement. Alors que les deux autres sont rationnelles : la pensée et le sentiment. Rationnelles car elles aboutissent à former un jugement. Autrement dit ces deux fonctions nous permettent toujours de justifier nos choix. Aussi aberrants soient-ils, nous leur trouverons toujours une explication.
Or il n’y a pas grand risque à associer MERCURE à la pensée et VENUS au sentiment. Ce qui revient à dire qu’ils entretiennent bien une relation constitutive et indissociable à l’intérieur de la psyché consciente de Mélenchon.
Ce qui n’est pas obligatoire : les deux corps célestes pouvant se trouver éloignés (au maximum) de plus de deux signes, ils peuvent donc refléter des approches et des attentes fort différentes.
Ex : Louis XIV : MERCURE en Vierge : raisonnable, méthodique, travailleur, conscient de son devoir, appliqué à sa tâche, mécène de l’art classique, élève obéissant de Mazarin jusqu'à 23 ans – VENUS en Lion : goût de la grandeur, du faste et de l’éclat, passions amoureuses éclatantes, démesure alimentaire, orgueil.
Il semble qu’il ait très bien réussi la synthèse entre ces deux tendances si dissemblables.
Il est une règle impérieuse dans l’interprétation astrologique : lorsque le Maître de l’Asc (ici MERCURE) est en conjonction avec un autre corps céleste (ici VENUS) il adopte les valeurs symbolique de cet autre significateur. Ainsi MERCURE fonctionnera-t-il sur le mode « vénusien » privilégiant les affects sur la pensée objective, tout en se persuadant qu’il fonctionne d’une manière rationnelle (au sens usuel du terme : c'est à dire objective).
Il en résulte la constitution d’une pensée affective, soumise à tous les aléas occasionnés par les alternances sympathies/antipathies, attirances/répulsions, amitiés/inimitiés, alliances/conflits qui se puissent imaginer[32], déterminant une instabilité émotionnelle due à une trop forte influençabilité, à une susceptibilité épidermique, fort préjudiciable tant à l’équilibre général qu’à l’intégration sociale harmonieuse du sujet.
Ici, le problème est démultiplié par l’opposition de Vénus à une LUNE saturnisée - telle que nous avons essayé de la dépeindre plus haut - suscitant donc le flot permanent d’émotions vives, d’humeurs changeantes, le flux et le reflux d’idées contradictoires, manifestations d’une personnalité qu’il faut bien arriver à qualifier de changeante, influençable, épidermique, puérile quand on considère certaines opinions ou certains comportements. Peut-être les psychiatres évoqueront-ils un profit hystérique, mais je nous suis pas psychiatre.
Ce qui est sûr c’est que nous avons affaire à la personnalité instable et trublionne d’un adolescent écorché vif, qui n’a jamais réussi à se construire et à accéder à une forme de paix et de sécurité intérieure (n’oublions pas SATURNE à l’Asc : manque ou négativité de la figure paternelle, l’un n’étant pas exclusif de l’autre). Un éternel adolescent frustré et revendicatif n’ayant jamais pu se libérer du rôle de victime expiatoire qu’il a endossé très tôt ; celle de l’enfant humilié, enfermé au placard comme je l’évoquais plus haut, et décidé (par d’autres aspects du thème) à laver toutes les humiliations du monde[33] comme exutoire à sa fureur. Ce qui le poussera à hanter, quitter et trahir successivement à peu près tous les partis, clans, collectifs, mouvements, se revendiquant d’un héritage révolutionnaire aussi absurde et radical que possible, jusqu'à fonder son propre parti : LFI qu’on peut traduire, au choix, par La France Inique ou par La France Islamique.
Ce qui l’amènera, -certes d'abord et avant tout par calcul politique -, à affecter à la communauté immigrée qui peuple nos banlieues, le rôle de cette mère symbolique humiliée, persécutée, ostracisée et ghettoïsée mais aussi celui de l’enfant persécuté qu’il pense avoir été et qui constitue le fond de son capital fantasmatique quand on appuie sur la note humanité au clavier de ses représentations. Images qui déjà peuplent son héritage transgénérationnel inconscient au départ, mais plus encore celles qu’il va conforter par sa fréquentation assidue des sommités révolutionnaires, celle des théoriciens ultragauchistes de son temps, sans oublier sa formation, rien moins que favorable à notre civilisation chrétienne (ou à ce qu’il en reste) subie auprès du Grand Orient.
Il s’agit d’une précision que je ne rappellerai jamais assez car elle constitue le fond même de ma compréhension et de ma pratique de l’Astrologie en tant que discipline destinée à nous éclairer sur le sens de l’existence.
N’imaginons pas que Jean-Luc Mélenchon est tel qu’il est, agit tel qu’il agit, se comporte comme il le fait, vit telle destinée, parce que son thème natal l’y obligerait d’une manière nécessaire et comme mécanique en quelque sorte. Disons le mot : parce qu'il subirait l’influence de son thème natal, comme le fer soumis au feu subit la chaleur et se dilate.
C’est une vision profondément matérialiste et absurde de l’Astrologie qui s’exprime là, et, malheureusement elle est très courante.
Je répète donc que le thème natal constitue une forme héritée, une structure ou une base de départ organisant l’ensemble de notre identité en toutes ses composantes et ses facettes.
Il représente donc notre identité en puissance et en puissance seulement.
La façon dont nous habitons cette structure, dont nous l’actualisons, dont nous pouvons peut-être la faire évoluer et se transformer, dépend essentiellement : 1/ de notre éducation 2/ des multiples interrelations que nous entretenons avec notre milieu et influences que nous en recevons 3/ mais aussi et surtout du besoin que nous pouvons (et devons) éprouver de nous accomplir en tant que personne douée d’intelligence, de libre-arbitre et de volonté 4/ce qui doit nous pousser à ce travail introspectif préalable, jamais achevé, par lequel nous essayons d’entrer en connexion avec nos motivations véritables.
N'est-ce pas Spinoza qui affirmait à ce sujet : Les hommes se figurent être libres, car ils ont conscience de leurs volitions et de leur désir, et ne pensent même pas, même en rêve, aux causes par lesquelles ils sont disposés à désirer et à vouloir, n’en ayant aucune connaissance.
Ce travail sur soi, doit nous permettre, sans aucunement renoncer à cet héritage qui nous constitue, d’éviter de répéter les expériences négatives qui nous ont été transmises parce qu'elles y sont inscrites.
Nous pourrions établir, au moins jusqu'à un certain point, une comparaison avec notre héritage génétique. Ou encore et d’une manière plus immédiate avec notre capital physique, notre apparence générale, la couleur de notre peau, de nos yeux, de nos cheveux, etc... encore qu’il soit possible de modifier ou d’améliorer jusqu'à un certain point, quelques unes de ces données constitutives. Toutes données qui n’obèrent en rien le sens que nous voulons donner à nos existences, certains faisant des merveilles à partir de peu, d’autres s’élevant aux plus hauts sommets en partant de très bas et en affrontant des conditions (physiques, familiales, sociales) hostiles à tous points de vue.
Ce qui veut dire que la façon dont JLM a actualisé son thème de naissance – qui visiblement comportait son lot de frustration, d’insatisfaction, d’humiliation, de révolte et de violence - n’est que l’une des multiples possibilités d’actualisation qui s’offraient à lui. Il pouvait manifester les mêmes dispositions, voire les mêmes objectifs de réparation qu’il affirme être les siennes d’une manière toute différente. Il en a décidé autrement, en toute liberté et responsabilité. Il a choisi la voie de la violence politique radicale, au lieu d’une humble et saine contribution à restaurer ce qui lui paraissait avoir été compromis dans notre société.
Sortir de ce raisonnement c’est accepter l’idée que nous ne sommes que des marionnettes s’agitant en tout sens à la surface du globe, manipulées par un fatum aussi capricieux qu’impénétrable. Ce n’est pas du tout ma vision des choses. C’est peut-être celle de Mélenchon qui aime l’islamisme qui ne conçoit l’homme que soumis à la volonté aussi insondable que capricieuse d’Allah ! Mektoub !
Fin de la parenthèse
Pour en terminer avec la conjonction MERCURE-VENUS, précisons que, si elle se révèle catastrophique sur un certain plan lié au rôle qu’elle joue et au cadre précis dans lequel elle intervient ici, elle n’a rien de regrettable en elle-même. Au contraire. Certains auteurs y verront une intelligence sensualiste ou artistique qui tend à s’épanouir dans une nature vivante, jeune, enjouée, souple, ayant du goût et de l’adresse, de la sensibilité. D’autres y ajouteront des contacts faciles et heureux. Un troisième évoquera une personne sympathique, gaie, joyeuse, amicale, capable de s’adapter....
Tout cela est parfaitement vrai. Dans un certain contexte et placé dans un certain milieu qui lui est favorable, JLM doit certainement manifester l’ensemble de ces qualités. Je l’ai moi-même vu sourire, plaisanter, faire de l’humour lors d’une émission télé consacrée à la préparation d’une présidentielle quelconque où il était presque charmant.
De même, lorsque la caméra le surprend dans une de ces réunions où il s’adresse à un auditoire d’étudiants tout acquis à sa cause avant même qu’il ait ouvert la bouche, sait-il se faire paternel, convaincant, encourageant, maniant l’humour et la blague, ne reprenant les oripeaux fétides de Marat qu’à l’adresse de ses adversaires politiques comme s’il se croyait revenu en 1793.
Pourquoi ? Parce que la conjonction VENUS-MERCURE a ceci qui lui est propre qu’elle donne à celui ou celle qui en bénéficie, une grande aptitude à mettre les idées (Mercure) en forme (Vénus) ; à les représenter (Vénus) de manière vivante et colorée ; elle associe imagination et réflexion. En bref elle favorise l’heureux mariage entre la pensée et le sentiment et, conséquemment, elle inspire la parole, le discours, et procure à ceux dont c’est le métier que de vouloir expliquer, distraire, instruire, toucher, convaincre et persuader, le talent nécessaire à arriver à leurs fins. Et il est très évident que Mélenchon, si on fait abstraction du fond, est un excellent orateur, une sorte de tribun charismatique qui subjugue son auditoire, à l’instar d’un certain Adolphe il y aura bientôt un siècle.
A quoi il faut ajouter sa prolixité littéraire, puisque j’ai compté une vingtaine d’ouvrages à son actif. Mais, si je poursuis ma comparaison irrévérencieuse, je remarque que ledit Adolphe a emporté l’adhésion d’un grand peuple avec un seul ouvrage – Mein Kampf -, tandis que Mélenchon malgré son abondante production, ne réunit – au moment même où je rédige cette étude – que 12 à 13% de « convaincus » dans le sondage publié dans le JDD du 30.03.2025.
Ce qui amène à se demander sur quoi d’autre les hommes politiques, en régime démocratique/démagogique, pourraient-ils construire leur carrière [en dehors des soutiens idéologiques et financiers pervers] si ce n’est sur leur éloquence comprise comme art suprême du mensonge et de la manipulation habillés des couleurs de la sincérité ? Emmanuel Macron dispose lui aussi d’une telle conjonction dans son thème natal et on ne peut qu’admirer ses logorrhées prétentieuses et contradictoires qui pourtant ont fasciné une partie de l’électorat français comme Kaa le serpent savait fasciner le jeune Mowgli dans le film de Walt Disney. Peut-être un jour les étudiera-t-on en classes de rhétorique (recréées pour l’occasion) car je ne vois pas quel autre héritage il laissera dans l’Histoire de notre Patrie si ce n’est du vent et des ruines sonores.
De ce point de vue on peut dire que Macron et Mélenchon forment la plus belle paire de fossoyeurs verbeux que nous ayons eu à subir depuis longtemps.
Ainsi, pour en revenir à des considérations strictement astrophilosophiques, on peut constater que des dispositions par elles-mêmes remarquables et très heureuses dans un thème, ne présagent nullement de la qualité foncière d’une personnalité car – comme il en est pour la langue d’Ésope – elles peuvent se mettre au service du meilleur comme du pire. Cela dépend d’une tout autre dimension que la seule constitution intellectuelle et/ou psychologique de la personne, mais bien plutôt de sa dimension morale et spirituelle : celle où s’exerce son libre-arbitre et sa volonté, celle où elle s’ouvre ou non à l’Esprit qui souffle en nous tous et nous incline à poursuivre la quête du Bien, comme je l’évoquais un peu plus haut. Il semblerait que ce soit une dimension qui échappe à la conception que beaucoup se font de l’Astrologie faute de s’être ouverts à la pensée grecque et à la philosophie chrétienne (où notre art trouve toutes ses justifications), en lui préférant des exotismes fatalistes divers.
Nous nous acheminons désormais vers la découverte des deux dernières configurations qui donnent à ce thème astral son sens définitif.
C’est le sens que je donne à la grande configuration qui voit
former un double carré à
Un uranus dominant en Maison X et en Cancer, accompagné d’une inquiétante Lune Noire.
Il faut se souvenir, pour mieux approcher le symbolisme de Jupiter et de Neptune qu’ils se partagent, traditionnellement une maîtrise commune sur le signe mystique, visionnaire, messianique des Poissons toujours en quête d’infini ou d’illimité. La découverte de Neptune le 23.09.1846 a permis de mieux distinguer le rôle de l’un et de l’autre et a abouti à affecter plus spécifiquement la maîtrise de JUPITER sur le Sagittaire et celle de NEPTUNE sur les Poissons. Mais, en approfondissant les choses, il s’agit plus de nuance que de séparation réelle.
Comme je viens de l’évoquer, les deux symboles ont tout d'abord un rôle à jouer avec la notion de « frontières » ou de « limites » que je résumerai brièvement de la façon suivante :
Or, contrairement au sagittairo-jupitérien ce n’est ni en tentant de s’élever orgueilleusement aussi haut que possible par ses propres moyens, ni en s’étalant dans la profusion de ses réussites et satisfactions terrestres que cette quête pourra se réaliser. Ce n’est, au contraire, que par le don et l’oubli de soi – exacte définition de l’amour -, l’humilité, l’abandon à la miséricorde divine, l’obéissance à la loi naturelle inscrite dans le cœur humain, que l’homme sera libéré de ses limites, rendu libre de toute entrave et vivre éternellement car toute personne qui s’élève sera abaissée et celle qui s’abaisse sera élevée (Luc 14 :11)
Encore une fois, ce n’est pas pour rien que le Christ est le personnage qui, au-delà de toute tentative de définition, incarne le mieux ce que c’est que d’atteindre pleinement le stade Poissons quand on partage la condition humaine. : la libération de tous par le sacrifice de soi et l’amour des autres.
C’est une étape qui ne se réalise vraiment que dans et par la foi, souvent plus mystique et personnelle que collective, réglementée et institutionnalisée. Son mode de réalisation la plus vraie passe par l’amour, non seulement l’amour de Dieu, mais l’amour de toutes les créatures, crées à l’image et à la ressemblance de Dieu, et que le Christ nous recommande d’aimer comme nous-mêmes. D’où le service des pauvres et des malades. A quoi saint François d’Assise (Asc. Poissons) ajoute l’amour des animaux et de la nature.
Bien entendu, la dimension sacrificielle exigée par l’étape Poissons pour accomplir cette libération qui nous affranchira de toutes les limitations, servitudes et souffrances, du plan terrestre pour accéder au plan céleste, n’est pas du goût de tous, même si elle est à la portée de chaque créature humaine dans l’absolu.
Aussi pour s’évader d’un réel insupportable (dont nous ne serons pourtant réellement libérés que par la mort) sans passer par la case sacrifice, abandon, humilité, pauvreté, certains utilisent la fuite dans l’imaginaire et cherchent à rejoindre Dieu par le beau ou par d’autres activités tout aussi respectables et recommandables car de même qu’il y a plusieurs demeures dans la maison du père (Jean 14 :2) il y a de nombreux chemins pour le rejoindre.
Alors que d’autres préfèrent pratiquer l’affabulation, la fuite hors du réel, le parasitisme, l’apathie reposante, l’aboulie commode, bref toutes les attitudes qui nous dispensent d’agir pour sortir de nos dérélictions à bon compte.
Mais aussi, et de plus en plus à notre époque, devant la cruauté d’un monde de moins en moins humain, on observe la fuite dans les addictions : la sur médication (les neuroleptiques et antidépresseurs par exemple), les drogues douces et dures, l’alcool, le défoulement sexuel, avec leur inévitable conclusion logique : tomber dans un piège plus grand que celui auquel nous pensions pouvoir échapper : la cure de désintoxication, le délabrement physique, le séjour en HP quelquefois, l’exclusion sociale, la clochardisation en attendant l’overdose libératrice, tous moyens censés nous éviter un quotidien désespérant ou insupportable.
Ainsi l’archétype « Poissons » inspire au moins trois grandes catégories remarquables de vocation :
Je pense que cette catégorie est la pire de toutes. Croyant détenir la recette qui instaurera le paradis terrestre, passant outre la réalité contemporaine qui voit la multiplication de comportements de plus en plus bestiaux et primitifs, elle affirme qu’il suffit de sacrifier le présent (et les hommes qui le peuplent) pour édifier le merveilleux réel de demain, peuplé d’une humanité nouvelle. C’est ainsi qu’après destruction, déconstruction et massacres inévitables pour « convaincre » les récalcitrants, toutes différences sociales, culturelles, religieuses, nationales, linguistiques, morales étant effacées, toutes religions (surtout celle du Christ) étant extirpées des âmes humaines, cette engeance (luciférienne) réalisera un vivre ensemble tellement prodigieux qu’Adam et Eve eux-mêmes ne l’ont jamais connu du temps où ils étaient encore locataires de l'Eden et grâce à eux et plus que jamais, le lait et le miel couleront en abondance en tous points de la terre, toutes les richesses de celle-ci étant équitablement partagées, toutes propriété individuelles étant abolies.
Vous aurez reconnu Marx, Lénine, Trotski, Staline, Mao, Castro, Paul Pot, le Playmobil nord coréen actuel (dont je ne retiens jamais le nom) et quelques autres encore qui ont, à eux tous, des centaines de millions de morts, la misère et la faim, la coercition et la délation généralisées sans oublier d’innombrables destructions, à nous offrir en guise de paradis !
Chez nous, nous avons Macron[35] prophète du mondialisme ploutocratique « heureux » et Mélenchon[36] prophète des nouveaux damnés de la Terre (les immigrés) qui sont tous deux « marqués » du sceau de ce genre de messianisme délirant par la façon dont JUPITER et NEPTUNE fonctionnent dans leur thème respectif.
Ils ne sont pas les seuls d'ailleurs et j’ai écrit un long article qui montrait combien cette combinaison était valorisée dans le thème de très nombreux responsables politiques français.
Ce qui se comprend quand on sait que la révolution française, loin d’être « nationale » comme on feint de le croire, s’est voulue universelle – en bonne fille de la Franc-Maçonnerie aussi universaliste et anti-chrétienne que possible.
La France a complètement oublié qu’elle ne fut une grande nation universaliste et messianique que lorsqu'elle était chrétienne, puisque la mission de répandre la vérité chrétienne parmi les nations et non contre ou en dépit des nations, pire : en se substituant à leurs institutions légitimes[37], constituait la promesse de son baptême. L’universalisme chrétien est respectueux de tous les enracinements à l’inverse du messianisme révolutionnaire, qui ne se conçoit que comme une entreprise de terre brûlée et d’éradication identitaire.
Aujourd'hui, ayant rejeté le Christ et étant passée à Lucifer sans le savoir depuis la fin du XVIIIème siècle, la France se caricature elle-même en prétendant toujours incarner de grands principes pour le reste du monde. C’est pourquoi sans doute, et comme pour mieux souligner le pitoyable de cette attitude, la Providence – qui a beaucoup d’humour – nous a laissé élire au cours des vingt dernières années les trois présidents les plus grotesques que nous pouvions imaginer – physiquement, moralement, intellectuellement et politiquement. Aujourd'hui elle offre à nos suffrages celle d’un déraciné, espagnol d’origine, né au Maroc et se sentant plus maghrébin, bambara, bantou ou peul que celte et indo-européen. C’est son droit. Mais est-ce le nôtre que de lui accorder foi ?
Mégalix, vous le devinez, qualifie le troisième larron de la configuration tripartite que nous sommes en train d’examiner et qui m’a inspiré ces quelques réflexions que certains jugeront peut-être iconoclastes.
Une base JUPITER-NEPTUNE s’élevant au-dessus de la ligne d’horizon et dans l’axe BÉLIER-BALANCE évoque la dimension prophétique, messianique, universaliste censée inspirer l’entreprise Mélenchonienne. C’est ainsi qu’il a repris à son compte le concept de peuple-monde que nous devons au géographe Michel Bruneau (s’inspirant lui-même du modèle d'économie-monde de Fernand Braudel), qui le définit comme désignant une entité sociopolitique et culturelle dont la dimension dépasse celle d'un seul État, empire ou État-nation, et se situe à une échelle continentale et/ou mondiale grâce à sa diaspora.
Pour Mélenchon, nous devons nous attendre à ce que le formidable réservoir africain de populations jeunes, poussées tant par la démographie que par la crise climatique à quitter leur continent, envahissent la France et l’Europe pour remplacer les vieilles nations européennes tellement fatiguées de vivre qu’elles massacrent en toute légitimité constitutionnelle les enfants à naître dans le ventre de leur mère, tandis qu’à l’autre bout de la chaîne elles s’apprêtent à liquider fraternellement (dixit Macron) nos aînés dans les Epahd, en attendant de s’attaquer aux enfants handicapés et aux malades incurables. Autant de places gagnées et d’argent économisé pour installer et entretenir ces populations de substitution. De Submersion, a dit Bayrou dans un de ses très rares moments de lucidité ou de courage.
C’est ainsi, pense Jean-Luc que se réalisera ce grand remplacement qu’il prophétise et appelle de ses vœux en lieu et place d’une nation française de lointaine et profonde origine, dont ne subsistera bientôt plus qu’une vague évocation dans les livres d’Histoire (si on en écrit encore), une fumée au-dessus des décombres.
Mais, pour mener une si vaste entreprise il faut d'abord une idée-guide – le tier-mondialisme mondialiste par exemple – et un prophète : lui, Mélenchon, s’identifiant alors à cet URANUS dont nous savons qu’il trouve ses correspondances originelles dans les figures mythiques de Prométhée côté grec, et de Lucifer côté biblique.
On remarquera qu’URANUS dans ce thème est le maître de la Maison V : les amours, enfants et créations dit l’Astrologie traditionnelle : d’où l’impact de ce tribun sur des populations jeunes, déboussolées en quête de repères et d'un père spirituel.
Il est situé en Cancer – familles origine, sources, racines – et en Maison X : réalisation, carrière, position sociale, vocation.
Ainsi Mélenchon est-il celui qui rejetant (principe très uranien que le rejet et l’affranchissement) sa nation d’origine[38] s’érige orgueilleusement (encore un principe uranien caractéristique que l’orgueil et l’intransigeance) en porte-étendard de sa subversion/submersion par une vague migratoire rien moins que pacifique et fraternelle dont les cohortes ne partagent aucune des valeurs fondatrices de la civilisation française et européenne.
Et, comme si cela ne suffisait pas, on remarque que cet URANUS tyrannique et despotique, est accompagné d’un inquiétant symbole : la Lune Noire. Je décris fort longuement ce que recouvre ce symbole dans le portrait que je trace de Bertrand Cantat et Marie Trintignant, j’y renvois le lecteur pour de plus amples explications.
Je me contenterai de rappeler ici que le processus à l’oeuvre derrière le symbole de la LUNE NOIRE consiste essentiellement à substituer un fantasme à une réalité vivante[39] ou, à l’inverse, vouloir à tout prix réaliser une expérience qui n’a aucune chance de correspondre à une réalité quelconque[40].
Il y a donc quelque chose – pour le moins – d’irrationnel, pour ne pas dire de pathologique, dans cette obsession Mélenchonienne de se faire le héros, le guide, le führer, le conducator, le caudillo, le raïs, le grand timonier d’une obsession politique que certains considéreront comme une simple tactique pour arriver au pouvoir en mobilisant des passions qui l’aideront à le conquérir, mais qui n’en révèlent pas moins un profil psychologique qu’on trouver chez pratiquement tous les mégalomanes et les tyrans de tous les temps.
Bien sûr que cette présence de la LUNE NOIRE en Cancer, très valorisée dans le contexte, nous met en présence d’une blessure très profonde distillant ses suintements méphitiques au plus --profond de la conscience du sujet. On peut même être tenté de le justifier en considérant que s’il est aveuglé sur la portée véritable de son action, c’est que le principe même de la LUNE NOIRE consiste à vous faire prendre le creux pour le plein, l’illusoire pour le vrai, le fantasme pour le rationnel et le pathologique pour le sain.
De tels déséquilibrés ne manquent pas de surgir dans notre Histoire nationale et dans l’ Histoire du monde ; ils y sont prédisposés par une forme ou une autre de folie des grandeurs qui doit, je pense, surcompenser des manques effroyables. Mais ce n’est pas une raison pour adhérer à leurs délires et nous laisser entraîner à notre perte avec eux.
Julien Dray, déjà plusieurs fois cité écrit dans son ouvrage : D’où vient Mélenchon, de l’extrême gauche scientifique, du trotskisme aux textes sacrés, du socialisme rationnel, de la gauche des rapports de force, on ne s’improvise pas militant et dialecticien. On est enseigné par la vie, des maîtres, des textes. On progresse en compréhension du monde en écoutant les anciens. Mélenchon, alors, est un maître. Ca ne date pas d’aujourd’hui. Je l’ai connu, depuis des années, entouré de jeunesses dont il allumait l’intellect et modelait la conscience. Il le revendique encore. «Mon rôle est d’éclairer le chemin» dit-il. Fin de citation
Vous voyez que Lucifer et sa promesse de nous rendre « comme des dieux », n’a pas fini de trouver des émules à toutes les époques.
Ceux qui ont vu le film de Stanley Kubrick n’auront pas besoin que j’explique en quoi notre Jean-Luc peut être associé à ce bon Dr Folamour qui avait, concernant le traitement des questions de populations et de peuplement, des idées tout aussi géniales que les siennes.
Mais, en l’occurrence, ce que je vise ici, en évoquant ce film et plutôt que le Dr Folamour, ce serait plutôt le Général Ripper qui, victime d’un coup de chaud, décide de se barricader, et ordonne la mise en application du plan R qui consiste à envoyer tous les B-52 frapper l’Union Soviétique !
Chacun fait avec les moyens dont il dispose : Ripper envoie les B-52 contre les Soviets, Mélenchon, lui, menace de jeter « les banlieues » cosmopolites qui ont prospéré sur le sol de la douce France, contre les populations autochtones, pour accélérer cet irrépressible changement d’ère, de société, de nation, d’Europe dont le génial Mélenchon s’est fait le chantre dans ses innombrables « petits livres rouges » avant de passer aux « petits livres verts ».
Et c’est là où nous abordons la dernière configuration de son thème natal, celle qui n’a pas été prise en compte jusqu’ici, nous la réservant pour la bonne bouche :
En fait, dans le cadre de cette Astrologie Globale que je pratique – à rebours de l’Astrologie « saucissonnante » qui fut longtemps à la mode en occident – nous pouvons présenter les choses de la manière suivante :
L’ensemble LUNE-JUPITER évoque l’extrême dualité entre une dimension de la personnalité d’une perméabilité extrême, dépendante des expériences de l’enfance et du milieu d’origine, période pendant laquelle l’identité n’est pas encore très sûre car sans cesse reformulée par ceux dont on dépend ; état marqué par l’importance de l’imagination animée, sans cesse animée par le flux et le reflux d’une sensibilité réceptive à tout, agitée et vulnérable, portée – dans le contexte – à s’identifier au rôle de victime expiatoire chargée de porter toute la misère du monde, de celle des exilés dans le contexte.
Mais, chose curieuse, JUPITER en Bélier qui n’est éloigné que de 20° de la LUNE à la toute fin des Poissons, évoque un climat psychique bien différent et même inverse pour tout dire, à celui de cette LUNE gémissante et victimaire : ambition, enthousiasme, autorité, générosité, optimisme, JUPITER en Bélier, s’il produit des chefs et des pionniers éventuellement, demande beaucoup à la vie et exige beaucoup des autres, persuadé qu’il est de son bon droit naturel.
Bien entendu la liaison entre ces deux réalités symboliques si différentes, s’explique assez facilement d’elle-même : JUPITER est là pour redresser les torts et les manques dont la LUNE (qui, par le mouvement zodiacal naturel le rejoindra en Bélier dans peu de temps) se croit, à tort ou à raison, la victime. Et, placé en Maison VII (les relations sociales, les « autres ») il inspire au sujet, en le détachant de son propre cas, la vocation d’épouser une carrière de redresseur de torts, de porte-parole de toutes les injustices du monde. Ou plutôt de ce qu’il juge comme tel. Mais dans la chaleur de son indignation statutaire, JUPITER le sonore et la LUNE, l’exaltée, ne lui laissent aucune chance – surtout dans le contexte uranien que nous avons décrit – d’accéder à une quelconque position de mesure et de bon sens. Tribun il est, tribun il s’adore et, chez lui, la chaleur du discours compensera toujours efficacement, le manque de réalisme et d’équité.
Restait à ces dispositions, qui auraient très bien pu rester latentes – ni la LUNE ni JUPITER ne sont réellement des « planètes d’action » - le moyen de s’exprimer et d’infléchir le cours des choses sur le plan politique, puisque c’est la carrière que le sujet a choisie.
C’est là où entrent en jeu, le faisceau de relations qui accrochent solidement (trigones) l’ensemble LUNE-JUPITER au trio MARS-PLUTON-SOLEIL : trois symboles dits de « feu » en Lion signe dit « de feu ». Commencez-vous à entrevoir l’orgueil et la violence du personnage ? Et le danger qu’il représente car si le feu est créateur, transmutateur (ex : le forgeron, le fondeur d’armes, de cloches ou de statues, le feu civilisateur de la cuisson des aliments et de la protection contre le froid de l’hiver) il est, lorsque l’âme n’est pas à la hauteur de ces dispositions intrinsèques corrupteur et destructeur (ex : l’incendiaire, l’agitateur des passions mauvaises, le propagateur de la haine et de la violence sous toutes leurs formes. Et elles sont nombreuses).
Ainsi, ces dernières configurations remarquables offrent toute l’énergie violente dont Attila, Gengis Khan, Savonarole ou le Gauleiter de Pologne, auraient rêvé de disposer.
Sauf que l’époque ne se prête pas à un emploi aussi direct et brutal.
Remarquons que les trois corps célestes qui habitent le Lion représentent les trois niveaux essentiels de manifestation de l’être humain, tels que l’Astrologie Conditionaliste de l’Astrologue les définit :
SOLEIL : centre du niveau « R » des Représentations ; en fait – dans mon langage – celui des idées, des conceptions et des convictions qui nous permettent de déchiffrer le monde
MARS : centre du niveau « E » de l’Existence ; en fait, - dans mon langage -, celui qui nous met en contact avec le réel – le monde « sensible » des anciens philosophes – celui qui conditionne notre action sur le monde et l'expérience que nous en retirons.
PLUTON : centre du niveau « T » de la Transcendance ; celui qui nous permet de nous affranchir des conditions physiques de l’expérience pour découvrir, voire modifier, les principes « métaphysiques » qui les organisent.
On comprend que cette configuration pousse celui qui la porte à vouloir dominer d'abord, redéfinir et transformer ensuite une réalité quelconque à l’aune de sa propre perception définie comme universelle et définitive et d’y entraîner les autres.
Mais Mélenchon le fait avec une subtilité remarquable fort bien relevée par Julien Dray lorsqu'il écrit : Mélenchon, magnifique de dureté quand il parle à la France, devient, parlant à ses insoumis, un père invasif, intrusif, rassurant, émollient; un flatteur dialectique, qui construit un vaste « Nous » où les questions ne se tranchent plus, un amour politique dont il est l’aboutissement. Non pas un gourou mais un aimé, pour toujours… Mélenchon n’est pas prophète: les prophètes prophétisent contre leur peuple, pour le grandir, et ne se cachent pas de lui pour s’en faire aimer?
En termes plus simples, Dray entend tout simplement par là que Mélenchon manipule ses jeunes insoumis en leur suggérant qu’il les laisse libres de penser, de décider et d’agir, alors qu’il les conditionne pour en faire de furieux révolutionnaires qui sauront, le moment venu, éventuellement prendre le couteau entre les dents. Un peu comme le fameux joueur de flute de Hamelin sut charmer d'abord les rats puis les enfants de la ville pour les conduire se noyer à la rivière. Il pourra lors dire : je n’avais pas voulu cela ou ce n’est pas ce que je leur ai appris, comme le font tous les apprentis agitateurs lorsque les idées qu’ils ont balancées comme des braises enflammées dans des cervelles déjà chauffées à blanc, finissent par leur roussir la moustache ou leur brûler le fondement.
D’où cela vient-il, dans le cas présent ?
De ce que l’essentiel de l’impact de ces valeurs (explosives) de « feu » se concentre dans le Lion (signe du « Cœur) comme nous l’avons vu, mais plus encore dans la Maison XI (analogique au 11ème signe le Verseau). Ainsi voyons-nous mobilisée sous une forme concentrée, toute la dynamique de l’axe Lion/Verseau qui est celui de l’éducation morale et spirituelle de la jeunesse ; celui qui doit la préparer à assumer les responsabilités qui seront les siennes lorsque le moment sera venu. De ce fait l’axe Lion/Verseau (et l’axe des Maisons V/XI) englobe tout ce que nous pourrions appeler la dimension « culturelle et civilisationnelle » de l’être humain ; celui où il doit trouver ses propres raisons de vivre et la marque qu’il entend laisser sur les générations à venir à partir des modèles et des valeurs qui lui auront été transmis par ses parents et éducateurs, qui trouvent là l’occasion de manifester toute la générosité et le désintéressement dont ils sont capables. J’en ai beaucoup parlé par ailleurs, je n’y reviendrai pas ici.
Ce à quoi doit préparer une éducation bien faite [et Mélenchon se veut éducateur, éveilleur de conscience], ne consiste pas à faire des jeunes auxquels on s’adresse d’éternels frustrés, revendicatifs, agités et stériles, en conflit avec leur propre terre nourricière, mais, tout au contraire, de futurs contributeurs à la société qui les a accueillis, nourris et formés et à laquelle ils sont tellement redevables que la dette qu’ils ont contractée à son égard en naissant ne risque jamais d’être soldée. Tâche grâce à laquelle, dans le même temps, ils pourront s’accomplir en tant que personnes et par laquelle rien ne leur interdit d’améliorer ce qui peut l’être s’ils en ont le talent.
On est loin, me semble-t-il de l’atmosphère méphitique dans laquelle baigne l’aventure Mélenchonienne ; elle ressemble par bien des égards à celle qui devait assombrir et avilir les rues de Paris aux heures les plus sombres, les plus bestiales de la révolution française.
Je mettais un point final à cette courte évocation lorsque le hasard qui n’est jamais qu’une façon commode de désigner le cours secret de notre existence, m’a mis en présence d’une lettre que Joseph de Maistre écrivit à son ami Pierre Louis Jean Casimir, premier duc de Blacas, ministre de Louis XVIII, après la bataille de Leipzig du 18 octobre 1813 où se dessinait clairement la chute de l’Aigle :
Lorsque la Providence déchaîne dans le monde, pour raisons à elle connues, quelque monstre que personne n’a la force d’égorger, elle y ajoute la loi salutaire et indispensable « qu’il aura soin de s’égorger lui-même ». C’est ce qu’a fait mon cher ami Napoléon. Je ne crois pas trop qu’il y ait de talent européen (excepté peut-être Wellington) capable de jouer but à but avec ce diable d’homme ; mais ses hideuses passions nous débarrasseront de lui.
Les mœurs ont changé, j’espère et je souhaite que personne ne songe, à égorger Mélenchon. Quant à penser qu’il n’y a pas de talent français capable de jouer but à but avec ce diable d’homme, je n’en jurerais pas. Je pense, bien au contraire, qu’un certain nombre de nos compatriotes seraient tout à fait capables de renvoyer ce trublion colérique dans ce cher Tanger qu’il a tellement affectionné. Il faudrait simplement que nos institutions tellement nocives qu’elles finiront par nous faire disparaître en tant que nation, soient enfin repensées sur d’autres principes que celui de la « représentation démocratique » qui ne bénéficie qu’à une caste de politiciens de profession et non au peuple français.
Mais, au-delà, je pense comme mon cher de Maistre, que les hideuses passions de Mélenchon finiront par nous débarrasser de lui comme, dans le passé, elles ne manquèrent pas de mettre cul à terre un certain nombre d’agitateurs de son acabit.
[1] Jérôme Savonarole... né le 21 septembre 1452 à Ferrare et mort exécuté le 23 mai 1498 à Florence, est un frère dominicain ascétique, prédicateur et réformateur actif dans la Florence de la Renaissance, qui, de 1494 à 1498, a dirigé un régime théocratique dans la république de Florence [...] Les Florentins expulsent les Médicis au pouvoir et, à la demande de Savonarole, établissent une république « bien accueillie », sous le contrôle de Savonarole. Déclarant que Florence serait la Jérusalem céleste, le centre mondial de la chrétienté et « plus riche, plus puissante, plus glorieuse que jamais », il institue une campagne moraliste extrême, s'assurant l'aide de la jeunesse florentine. Il désobéit et défie le pape en prêchant sous interdiction, appuyant sa campagne de réformes par des processions, des bûchers des vanités, dont celui du 7 février 1497, le plus connu, dans lequel ont disparu de nombreux livres et œuvres d’art ainsi que des représentations théâtrales pieuses. En représailles, en mai 1497, le pape l'excommunie et menace de placer Florence sous interdit. En avril 1498, un prédicateur florentin rival propose une ordalie afin de tester le mandat divin de Savonarole, celle-ci tourne au fiasco et l'opinion populaire se retourne contre lui. Savonarole et deux de ses frères partisans sont emprisonnés. Le 23 mai 1498, les autorités ecclésiastiques et civiles condamnent, pendent et brûlent les trois frères sur la place principale de Florence (Wikipédia dixit)
Remplacez le dominicain ascétique par le gauchiste virulent et le centre mondial de la Chrétienté par centre mondial de l’islamisme et vous aurez une idée assez juste du lien de filiation psychiatrique qui unit la destinée de Savonarole à celle de Mélenchon.
[2] Ces deux formes, très proches l’une de l’autre, prenant en compte la présence aux Angles (à l’ASC et au MC surtout) la maîtrise sur l’Asc, les aspects aux Luminaires et au Maître de l’Asc, constituent généralement la première méthode d’approche d’un thème natal.
[3] C’est d'ailleurs le sous-titre que j’avais donné au Mémoire de DEA que j’avais soutenu auprès de la faculté de philosophie de l’Université de Nice.
[4] Le « Je Suis » de la Bible serait l’exacte traduction analogique du signe du Lion et du SOLEIL son maître, centre du Cosmos pour nous terriens. On peut facilement constater combien les super-Lions de notre entourage éventuele, arrivent à se considérer comme les « centres du monde ».
[5] La première ligne de chemin de fer à vapeur en Angleterre date de 1825.
[6] C’est une très heureuse expression que nous devons à Philippe de Villiers.
[7] Le lecteur comprendra que ces grands cycles planétaires s’ils sont déterminés par les dates précises de la rencontre des corps célestes qui les constituent – 1821 – 1993 -, engagent des processus beaucoup plus larges dans le temps bien sûr. J’aurais pu ajouter, aux deux précédents, la conjonction URANUS/NEPTUNE de 1650 qui couvre la période précise de 1648 où le traité de Westphalie, dont la portée est considérable pour l’Histoire moderne, est signé. En effet « ces accords constituent aussi un terminus a quo, car ils donnent des règles au dialogue international à travers l’art diplomatique et ils fortifient la notion d’équilibre, face à toute tentation de monarchie universelle. Ils conduisent les princes à s’effacer peu à peu derrière les peuples sur lesquels ils règnent, favorisant ainsi l’affirmation des nations, et, en limitant les grands bouleversements géopolitiques, ils contribuent à libérer des forces pour l’expansion européenne dans le monde. – cf.Centre Thucydide.
J’ajouterai pour ma part, qu’il entérine de manière qui paraît définitive, l’impossible unification des Allemagnes... la revanche sera prise par l’Allemagne le 18.01.1871 qui réalise son unité sous un carré de ces mêmes Uranus/Neptune. La déclaration de guerre à la Prusse en juillet 1870 survient sous le carré exact de ces deux corps célestes.
[8] Concept que nous devons au psychologue Viktor E. Frankl, je le rappelle.
[9] Julien DRAY – Qui est Mélenchon ? – Plon – 07.11.2024.
[10] Toutes les références ou citations que j’aurai à présenter au cours de cette étude viennent de cet unique témoignage ; d'abord parce qu'il est très explicite, ensuite parce que je préfère consacrer mon temps à étudier d’autres destinées que celles de ce dangereux olibrius de la politique française.
[11] LUNE en Maison VII : vivre sous le regard des autres, capter leur attention et, en échange, leur renvoyer une image qui les flatte]
[12] JUPITER en VII : le comédien en représentation]
[13] Le Hajj, pour ceux qui ne le savent pas désigne ce pèlerinage à La Mecque que tout bon musulman doit entreprendre au moins une fois dans sa vie s’il en a les moyens physiques et financiers.
[14] Bourru, impulsif ,un tantinet caractériel, avec ses multiples ruptures ces dernières années, il se maîtrise moins - maîtrise qui est pourtant sa marque de fabrique pour son jeu médiatique – Julien Dray, op. cité
[15] . Une chose apprise à ses côtés : rien ne doit au hasard, tout est calculé, pensé au millimètre. Quand il prend une position, fait une déclaration c'est réfléchi. Rien n'est improvisé. Donc, il faut prendre au sérieux Jean-Luc Mélenchon. - Julien Dray, op. cit.
[16] Où sont ses convictions réelles ? Une suite de tournants au service de sa personne ? Un opportuniste désinhibé donc très dangereux ? il peut s'allier avec n'importe qui, la taille de la cuillère ne compte pas, elle n'existe pas à ses yeux. Souvent Mélenchon varie, bien fol est qui s’y fie !
[...] Aujourd'hui elles [Il s’agit des généralités débitées au cours de ses campagnes électorales] se déclinent au cours des campagnes électorales sous le regard captivé des foules amnésiques [...]. Il parle haut et fort ! Il agresse ses contradicteurs, journalistes non soumis, adversaires politiques, récalcitrant à gauche, en interne comme en externe. A partir de 2012, mais plus encore en 2017, LFI et Mélenchon incarnent le retour des attitudes autoritaires au sein des gauches. Certainement, l'expression en France du respect qu'il porte a des « démocrates sincères » comme Chavez et Poutine, entre autres. – J.Dray op. cit.
[17] A l’inverse du cas de JMLP chez qui domine aussi le Quadrant Oriental mais Nocturne et non Diurne.
[18] Rapprochons ce que nous venons de lire de ce commentaire de Julier Dray : Il s'inscrit surtout dans les courants autoritaires du socialisme : détestation de la démocratie des courants, jugée comme une dilution une perte d'efficacité ; recherche d'une soumission au chef. « La République c'est Moi ! » Exulte le candidat battu deux fois à la présidentielle à cette date. – Op. cit.
[19] Rappelons pour les jeunes générations qui n’ont pas encore découvert ce chef-d’œuvre cinématographique, que « Rosebud »est en fait la marque de la luge sur laquelle jouait Kane, le jour où il est arraché à sa mère, à son foyer et emmené loin de chez lui. Et quand on sait que la traduction en est « bouton de rose », il me semble que la référence à la perte définitive du bonheur de vivre est assez éloquente.
[20] Ce qui est amusant (si on peut dire) c’est qu’aujourd’hui, contrairement à l’attitude de rejet qu’elle adopta pour ces Français d’AFN qui l’avaient toujours aimée et servie et qui la considéraient comme leur mère-patrie digne de tous les sacrifices, elle accepte, avec enthousiasme pour certains, une invasion migratoire doublée d’une conquête territoriale qui, a terme, tendent à la faire disparaître. La propagande a changé, mais le projet est toujours le même : détruire la « fille aînée ».
[21] Qui lui se paye le luxe d’un Saturne dissonant à Vénus, à Mercure, au Soleil et à la Lune ! Autant dire à tout ce qui évoque la vie, la joie, la jeunesse, l’insouciance, l’amour, le plaisir, la détente, la sérénité et j’en passe... Il est vrai qu’il a été mis en pension dès l’âge de huit ans ! Ceci explique-t-il cela ? Pas totalement, mais cela ouvre une piste de recherche.
[22] On dirait que je suis en train de tracer le portrait d’Emmanuel Macron. Ce n’est pas faux, tant il y a de points de convergences entre ces deux personnalités. Mais l’étude que je lui consacre et qui précède celle-ci, vous renseignera autant que vous le souhaitez.
[23] Il est amusant de rappeler au sujet de l’avidité, qu’André Breton avait surnommé Salvator Dali : Avida Dollars, parfait anagramme du nom du grand peintre. Surnom qui nous en dit long sur le rapport de Dali à l’argent et qui nous renvoie à la triple dissonance dont Saturne affecte le Soleil, Mars et Mercure dans le signe sensoriel, sensuel à l’oralité insatiable, du Taureau et dont Uranus (principe aussi frustrant que Saturne dans certaines circonstances) affecte la LUNE en Bélier.
[24] Ex : Louis XIV (Saturne Verseau opposé Lune-Vénus Lion) - gros mangeur, « queutard » insatiable, diraient nos jeunes ; s’enivrant de banquets, de fêtes et de femmes dans la première partie de son règne ; passant au mode austère à partir de la mort de son épouse Marie-Thérèse et de sa liaison puis de son mariage secret avec Mme de Maintenon.
[25] A l’appui de cette dimension mystique dans la personnalité de J.L Mélenchon on peut reprendre les propos de Julien Dray :
Mélenchon à l'époque est un laïc intransigeant, un franc-maçon assumé, avec la volonté de s'afficher comme un intellectuel aux connaissances multiples. Parfois il décolle très haut, très loin. Ces moments de transe surnommés par nous « planante » dans un rire partagé devant l'assistance.
Première remarque : le « maçonnisme » n’est que la version frelatée d’une authentique dimension mystique et/ou religieuse, mais il n’en demeure pas moins qu’il ses adeptes revendiquent le caractère « spirituel » de leur démarche ; en fait luciférienne.
Un autre extrait encore plus convaincant :
Au temps du courant commun des années 80 90, il part souvent dans des envolées lyriques, romantiques, mystiques, atteignant un tel niveau céleste que nous le taquinons avec cette phrase : « Jean-Luc est dans une planante ». Ce que Mauduit et Sieffert soulignent dans leur livre, « c’est le Mélenchon des campagnes électorales, professoral et séduisant, qui ressurgit. Celui qui s’élève à un tel niveau de généralités qu’on ne trouve plus à le contredire ».
Ce, qu’en d’autres termes, on désigne souvent par les qualificatifs d’affabulateurs ou de mythos. Tout simplement. Mais, comme nous l’avons vu dans une note plus haut, Mélenchon lui-même se proclame mystique. Pourquoi le contrarier ?
[26] Certain(e)s député(e)s LFI groupies de Mélenchon correspondraient assez bien à des adjectifs.
[27] A la recherche transgénérationnelle par exemple.
[28] C’est ainsi qu’interrogé sur une antenne nationale, JLM confiera, après la mort de ses parents : C'est la vie ! Mes parents sont morts et moi-même, un jour, je mourrai [...] C'est comme ça ! C'est en juillet... Quand on arrive aux alentours de cette date, comme tout le monde, cette espèce de chronomètre intérieur se remet en route. Et j'en suis triste [...] Lorsque sa mère s'est éteinte, il a fait le choix d'oublier la date de sa mort. Délibérément [...]
Elle a souffert, elle était si lasse à la fin. La pauvre, la pauvre [...] Il continue de lui parler et de lui demander conseil...elle est toujoursprésente en son for intérieur.
Nombreuses sont les confidences
[29] Quelque forme que nous lui prêtions, mais, pour ma part étant Chrétien convaincu, elle revêt bien sûr la figure qui se révèle dans la Bible et surtout dans les Évangiles.
[30] N’est-ce pas Clemenceau qui s’écriait devant l’Assemblée : Depuis la Révolution, nous sommes légitimement en révolte contre l'autorité divine et humaine. Un homme politique affirmant qu’on peut être « légitimement » en révolte contre l’autorité humaine (laissons la divine de côté) est aussi conséquent qu’un douanier qui affirmerait qu’on peut légitimement se moquer des frontières ou un prêtre qu’on peut légitimement blasphémer.
[31] F. Chabreuil & P. Chabreuil – Comprendre et gérer les Types de Personnalité – Guide de l’Ennéagramme en entreprise – Dunod, Paris 2001, 194 p., p. 15
[32] Julien Dray écrit : Il emprunte des idées à divers courants de pensée - l'écologie politique, les dirigeants sud-américains - puis copie la technique de campagne du candidat Bernie Sanders à la primaire démocrate de 2016, oubliant au passage que ce dernier se met au service de son camp pour battre le candidat du parti républicain, à la différence de celui des Insoumis en France. Son autre modèle, à l'évidence. est Donald Trump, notamment dans l'utilisation des médias, des réseaux sociaux, cette espèce de Far-West, il balance des accusations, des insultes, dans la transgression permanente [...]
[33] Julien Dray écrit : Il fédère autour de lui [...] tous les rabougris, les aigris aux passions tristes à l'image de cette jeunesse éduquée que l'on découvre autour de lui en cette fin d'année 2023, comme David Guiraud proclamant avoir été un aficionados de Soral-Dieudonné, comme Ersilia Soudais passionaria de la haine du nom juif : Israël. Comme tout dirigeant politique, Jean-Luc Mélenchon recrute et forme à son image.
Et j’ajouterai que cette « image » au sens propre, n’est guère engageante quand on observe cette perpétuelle moue fermée, hostile, amère qui se dessine au-dessous d’un regard perpétuellement furieux et encadre une bouche méprisante, rien moins que souriante et amicale.
[34] Il arrive malheureusement que cette dimension verticale, s’incline à 90° et ne vise qu’un cible horizontale. C’est d'ailleurs le vice majeur de notre civilisation post-chrétienne, fort bien détaillée par Wolfgang Smith dans ses ouvrages. Le mouvement qui était d’ordre qualitatif se banalise en mouvement quantitatif. La quête de sens devient quête matérielle : volonté de pouvoir, étalement de la personnalité, étalage de toutes les convoitises de toutes les cupidités, mégalomanie, histrionisme... etc.
[35] Ce n’est peut-être pas pour rien que « macron » signifie maquignon ou entremetteur en vieux patois picard.
[36] Quelques extraits que nous devons à un chroniqueur politique qui connaît bien Mélenchon et qui commente la décision très surprenante de Mélenchon consistant à refuser de dire à ses adeptes ce qu’il voterait à la présidentielle.
Et il arriva ceci; que s’étant retiré quatre jours dans le silence, Jean-Luc Mélenchon rompit le jeûne et il dit: «Je ne suis pas un gourou». Il était sorti de sa tente pour parler à son peuple insoumis, et il lui dit aussi: «Mon devoir est de vous rassembler», et le peuple se rassembla. Et Jean-Luc Mélenchon parlait, quand le peuple se demandait quel roi il choisirait, et il parla en disant: «Ce que je vais voter, je ne vais pas le dire.» Et ayant voilé son vote, il dit à son peuple qu’il ne le connaissait pas, en disant: «Peut-être que si on avait vécu ensemble dix ans de vie politique, que le mouvement ait quinze ans, peut-être je vous aurais dit, “les amis voilà ce que je fais”, on aurait été assez intime pour que puisse faire des confidences.»
Et ce même commentateur ajoute ces propos qui appuient mon analyse concernant la volonté prophétique de Mélenchon :
: Rarement un émancipateur aura été aussi intrusif, pénétrant la conscience de ses partisans jusque par ses silences; jamais l’intime et la suggestion n’auront été de telles armes, dans un pays de rationalité publique.
On ne peut mieux définir la méthode d’un « gourou » ou d’un « prophète » politique.
D'ailleurs le mot même de « prophète » ou de « prophétie » revient à plusieurs reprises sous la plume dudit commentateur. Je cite :
Mélenchon prophétise au diapason de ses adeptes, qui communient dans le double rejet. Il n’interdit pas le vote blanc, donc le valide. Il raconte des lendemains qui chanteront, quand les Insoumis, munis de leur programme, iront affronter les législatives et seront l’avenir [....] Les compagnons du Prophète espèrent que Macron sera assez bon pour éviter le pire; ils ne l’y aideront pas; toute aide serait vaine, plaident-ils, tant la colère gronde, et pourrait diviser l’insoumission, cette force qui va ? [....] Le prophète prophétise au trébuchet. Il prophétise pour ne pas dilapider ses adeptes, Bpauvres âmes fragiles, qui pourraient se vexer: il veut, dit-il, que nul insoumis ne se sente «démenti» par son porte-parole, afin que puisse se poursuivre l’aventure commune, l’unique espérance de ce pays [....] Il y a, dans la prophétie de Mélenchon quelque chose de profondément dérangeant. Il ne parle pas à un peuple adulte, mais à une foule adolescente, qu’il se refuse à choquer, lui expliquant que seuls les autres sont mauvais mais eux sont les purs, à qui nul ne doit demander des comptes. Il dit aux Insoumis qu’ils sont libres et estimables de l’être, mais les protège de sa vérité. Ils dit les émanciper mais leur fait grâce de la contradiction. Il ne les émancipe pas. Il les programme, subtilement, à ne pas regarder ce qui les heurte. Il les réconforte et les flatte, de peur de les perdre.
C’est la méthode utilisée par tout démagogue visant à prendre le pouvoir qui tournera vite à la tyrannie. La méthode que l’auteur fustige ici ne me paraît pas très différente de celle que Herr Hitler utilisait pour programmer ses adeptes, effacer en eux toute capacité de discernement, les fanatiser avant de les mener d’une main de fer.
[37] Comme s’y efforce l’Islam conquérant.
[38] En tous cas celle que la France a généreusement accordée aux pitoyables émigrés espagnols mourant de faim dans leur pays au dix-neuvième et vingtième siècle et dont il est issu.
[39] Ex : ne jamais se satisfaire d’une relation affective profonde et sincère car elle ne correspond jamais à une attente purement fantasmatique
[40] Ex : dans le roman de Jean Carrière L’Épervier de Maheu, le héros persuadé de trouver de l’eau là où il n’y en a jamais eu, creusant sans fin pendant des années, finit par déverser des seaux d’eau dans le trou qu’il a creusé pour se prouver que son attente était justifiée.
Il n'y a pas encore de commentaires sur cet article