Voici le contenu intégral d'un "commentaire" reçu d'un jeune homme de 17
ans, qui, influencé par l'"éducation" qui lui est dispensée par notre Système Scolaire, nous appelle à nous réunir sous la bannière du "divin Marquis" (sic) ..... et la réponse circonstanciée que je lui ai faite.
je ne sais si c'est sur ce site ou en conversation privée que, professeur certifié de lettres classiques, j'avais dû étudier avec mes élèves de l'oeuvre encensée par ce lycéen. Je ne savais plus par quel bout la prendre pour ne pas que mes étudiants se retrouvent en difficulté s'ils "tombaient (c'est le cas de le dire) dessus le jour de l'épreuve. Moi qui avais tellement aimé Eluard à travers le recueil "Derniers poèmes d'amour"! La chute. J'ai fait ressortir, ce qui est évident aussi dans les oeuvres de Sade, que la liberté tellement encensée par Eluard, Man Ray et leur thuriféraires ne s'exerce que par la mise en esclavage, l'enfermement le plus total des autres! Peu d'êtres vivants seulement sont d'accord pour subir ce que subissent les jouets des "Mains libres" et oeuvres associées. De plus, ces poèmes-là sont abscons et m'ont paru sans intérêt par rapport à "Derniers poèmes d'amour": "Nous venions de vivre une journée d'amour ensoleillée". "Notre soleil nous l'embrassions ensemble". Ce sont quelques vers qui me reviennent en mémoire. Et le magnifique et poignant "28 Novembre 1946. Nous ne vieillirons pas ensemble. Voici le jour en trop:le temps déborde. Mon amour si léger prend le poids d'un supplice". Je n'ai pas respecté la mise en page. Mais il aura donc fallu que cet homme, plutôt gâté par la vie, prenne en plein coeur la douleur de perdre celle qu'il aimait pour pouvoir écrire de belles choses.
Pourquoi est-ce ce ne sont pas ces poèmes-là qui ont été choisis?
Et oui, nous sommes loin de Ronsard, d'Alfred de Musset ou de Marguerite Desbordes-Valmore, les latrines et la salle de torture ont peu à peu remplacé les jardins de la poésie française.
Quoi d'étonnant quand on connaît les "orientations" de ceux qui concoctent les programmes de nos adolescents ?
Merci pour votre témoignage
Bonjour M. Saint Martin,
J'ai de gros soucis avec mon fils X.... dont vous aviez analysé le thème dans son enfance. Pourriez-vous m'accorder un RV pour que l'on regarde à nouveau ce thème et que l'on puisse échanger sur sa dépendance au cannabis.. trouver des solutions,
Avec sa mère nous sommes vraiment en soucis
Merci à vous
Bien amicalement
A. J.
Je serai effectivement disponible [....] mais je ne suis pas sûr de pouvoir aller plus loin que je ne l'ai été dans la récente étude de la Révolution Solaire de X........
Le risque étant, à trop vouloir relancer l'analyse, de finir par dire, par sympathie amicale, ce que le consultant a envie d'entendre. Je crois qu'en anthropocosmologie, une certaine dose de spontanéité est nécessaire car si on ratiocine trop, on finit par se perdre dans toutes les interprétations possibles, car l'astrologie n'est pas une science expérimentale (une théorie validée ou non par des observations répétées dans un cadre d'observation précis qui parle à l'intellect classificateur) mais une "herméneutique" (mise à jour d'un sens méta-naturel caché) une prise en compte globale et totale d'une psyché vivante qui ne peut être menée que par une autre psyché vivante dans son intégralité. Ce que je nomme l'esprit en général (en le distinguant de l'Esprit, terme qui ne convient qu'à Ce qui en nous nous dépasse nous-même, le Paraclet, si vous préférez).
Ainsi, en matière de cannabis, il y aurait sans doute quelque chose de spécifique à dire si nous étions dans une période où la chose serait extrêmement rare ou 'anormale" car un thème natal doit se lire et se comprendre dans le cadre historique et sociétal où il apparaît. Mais ce n'est pas le cas : le cannabis est à la porte de tous nos établissements scolaires, quand ce n'est pas dans ces établissements mêmes, au croisement de chaque rue dans certains quartiers, au menu de chaque "discothèque". Il est devenu un signe "d'émancipation" pour la jeunesse; un signe de ralliement et de contestation pour toute la classe de "bobos" soixante-huitarde et libertaire qui fait l'opinion actuellement. Et notamment dans l'Education dite nationale. C'est pourquoi certains s'emploient activement à vouloir en "libéraliser" l'usage....sans qu'ils soient automatiquement traduits en justice.
Autant dire qu'il est devenu banal et de "consommation courante" voire recommandée pour se signaler comme esprit fort. Ce qui implique que le problème "cannabis" peut se présenter dans n'importe quelle étude de thème natal, quelles que soient les structures anthropocosmologiques considérées. Même si, je le reconnais volontiers, certaines configurations, sans correspondre stricto sensu à une tendance radicale à user de la drogue (douce ou dure, mais l'usage de la dure a toujours commencé par celui de la douce) peuvent expliquer "pourquoi" placé dans certaines circonstances, le sujet peut avoir été conduit à adopter cette solution plutôt qu'une autre. Ce qui n'est pas négligeable pour l'aider ensuite à s'en libérer.
Mais, pour en revenir à mon idée première, le combat contre le cannabis aujourd'hui a remplacé le faux combat menée contre le tabac par nos "autorités" chez les adolescents hier, alors qu'il était (et est toujours) parfaitement autorisé et distribué dans des milliers et des milliers de boutiques et qu'il rapporte de confortables taxes à l'Etat, décideur suprême en matière de santé publique.
A-t-on empêché nos adolescents, voire nos enfants, de fumer ? les a-t-on préservé de la pathologie tabagique ? Bien au contraire. Il n'est qu'à se souvenir de notre propre jeunesse et des conseils que nous donnaient des personnes bien intentionnées.....qui fumaient elles mêmes devant leurs enfants.
La pression sociale actuelle, le niveau général de permissivité atteint par nos société suicidaires, est donc déterminant quand on envisage le problème de l'usage du cannabis chez un tout jeune homme.
Alors, seuls lui échappent, ceux qui - pour une raison ou une autre - disposent des défenses morales et psychologiques les plus fortes (dans lesquelles l'éducation et le "témoignage" jouent un rôle sans doute non négligeable mais non déterminant) ou d'une aversion particulière pour ce genre de pratique auto-destructrice, grâce à une sorte de santé morale à toute épreuve
Sur mes deux fils, l'un (35 ans) n'y a jamais touché (je ne sais même pas s'il a essayé un jour). L'autre, l'aîné, qui a toujours été une sorte d'angoissé/révolté par nature, est "tombé dans la marmite" assez jeune et, âgé de 39 ans aujourd'hui, continue à en tâter de temps à autre, même s'il a pris beaucoup de distance depuis qu'il est doublement papa. Il est vrai qu'il travaille dans un milieu artistique très jeune où il est très malvenu de critiquer une transgression quelle qu'elle soit......
Je n'ai su que faire d'efficace quand il dépendait de moi (il a voulu voler de ses propres ailes à 18 ans) et je ne vois pas ce que je pourrais vous conseiller aujourd'hui car malheureusement, à 21 ans passés, personne n'est en mesure d'aider votre fils que lui même. Comme je le disais plus haut, il est certain qu'on peut très bien déceler ce qui, dans son thème, constitue un ou des facteurs propices à cette fuite de la réalité et nous pourrons en parler, mais de là à vous être vraiment utile à tous les deux, il y a un pas que je me garderai bien de franchir, autant par amitié que par honnêteté car je ne suis ni thaumaturge ni thérapeute.
Il faut bien se mettre dans la tête (et Dieu sait si c'est difficile) que lorsque nos enfants ont atteint un certain âge, et même si émotionnellement ou psychologiquement ils sont toujours des adolescents attardés (souvent à cause des facilités que nous leur avons prodiguées à foison), ils sont aussi devenus par ailleurs, des adultes avec des désirs et des passions d'adultes. Et qu'ils sont, intellectuellement et légalement, libres de leurs choix.
Ce qui veut dire qu'on ne peut rien faire pour eux qu'ils n'aient approuvé eux-mêmes....quitte à payer leurs pots cassés parce que nous les aimons et les aimerons quoi qu'ils fassent. Mais, il arrive un moment où, même payer pour eux, n'est plus possible : ils doivent affronter leurs responsabilités.
A son âge c'est à votre fils de décider de sortir du cannabis; ce serait donc à lui de me téléphoner pour prendre un RV et essayer de comprendre un peu qui il est, qu'est-ce-qu'il porte, qu'est-ce-qu'il exprime dans l'usage du cannabis, à quelle difficulté il doit faire face pour accéder à une sagesse qui le prémunirait contre de telles pratiques. Puis, une fois qu'il aurait un peu compris quelque chose sur lui même, ce serait à lui de demander une aide éventuelle, soit à ses parents, soit à un thérapeute compétent dans ce domaine.
J'ai mis du temps à le comprendre mais on ne peut pas aider quelqu'un qui ne le demande pas et ne s'aide pas lui-même ou faire dévier quelqu'un d'un chemin qu'il ne veut pas quitter parce qu'il le trouve agréable. Même quand il feint d'ignorer que ce chemin le conduit dans une impasse dangereuse.
S'il n'y a pas une telle demande chez X...., à part l'enfermer dans sa chambre et lui éviter tous contacts extérieurs, je ne vois pas ce que vous pourriez faire. C'est bien sûr, impossible et, de toute façon, totalement contre-productif puisque ce serait l'empêcher d'affronter ses responsabilités donc l'infantiliser. Il est des expériences sans lesquelles il n'est pas possible de fortifier une volonté défaillante et d'amener un être à la responsabilité de se contrôler par lui-même. Et de dominer ce qui, dans le cours de sa destinée, dépend vraiment de lui et qu'il est donc en mesure d'améliorer. Quitte à se faire aider quand nécessaire, car "à l'impossible nul n'est tenu".
Tant que vous n'aurez pas cette demande chez X..., vous vous ferez du souci pour rien. Il faut l'écouter et l'assister, certes. Mais, dans mon esprit, c'est le contraire de l'encourager ou de lui tenir la main. Si devenir adulte c'est se plier à des règles acceptées parce qu'on les reconnaît indispensables à nous structurer moralement, socialement et spirituellement pour accéder à notre accomplissement, la meilleure assistance que nous puissions offrir à nos enfants, doit être assujettie au respect de ces règles élémentaires que, peut-être, nous n'avons pas sur leur inculquer jusque là : horaires à respecter, travail ou études à assumer, contribution aux tâches domestiques à assurer, respect envers eux mêmes et envers les autres et, bien sûr, renoncement solennel à la drogue...chacun complètera par lui même. En échange de quoi, X...obtiendre toute l'aide nécessaire.
Il est probable que vous rencontrerez des résistances; il vous faudra tenir bon. Voire un refus total.
Dans ce cas il faut courir le risque de le laisser se "débrouiller" tout seul : c'est à dire lui assurer l'assiette de soupe quotidienne sans laquelle il ne pourrait peut-être survivre s'il est encore incapable de subvenir à ses besoins, mais le laisser responsable de lui même pour tout le reste.
Pour autant que je le sache, une cure de désintoxication (alcoolique ou narcotique) est organisée autour de règles intangibles et, bien sûr, très douloureuses pour le drogué qui doit s'y plier sans condition. Car c'est le seul moyen de l'amener en capacité d'affronter le réel, d'accepter la frustration, de s'appuyer sur les limites que la condition humaine lui impose pour parvenir à son plein accomplissement. Ce fameux réel auquel le drogué ou l'alcoolique tentent d'échapper en fuyant dans leur addiction.
Nous n'en sommes certainement pas là pour X....., mais je crois que nous ne pourrez l'aider, non en le "sermonnant" d'un côté, en le "plaignant" de l'autre, mais en adoptant l'attitude de fermeté souriante et d'exigence indispensable à témoigner de certaines valeurs intangibles.
Pour le reste, et s'il en est d'accord, le recours à un thérapeute qui partage cette façon de voir les choses, peut s'avérer précieux.
A Mercredi soir donc, pour échanger un peu sur le thème de X....... dans les limites précisées ci-dessus.
Bien amicalement à vous deux.
Louis